‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 166 sur 255 · CHAPITRE TRENTE-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-QUATRIÈME

mauvais que les catholiques usent de leur activité et de leur influence < pour amener les gouvernements à changer en bien des lois iniques ou dépourvues de sagesse :>.

4L Sur le terrain religieux ainsi compris, les divers partis politiques conservateurs peuvent et doivent se trouver d'accord. Mais les hommes qui subordonneraient tout au triomphe préalable de leur parti respectif, fût-ce sous le prétexte qu'il leur paraît le plus apte à la défense religieuse, seraient dès lors convaincus de faire passer, en fait, par un funeste renversement des idées, la politique qui divise avant la religion qui unit. Et ce serait leur faute, si nos ennemis, exploitant leurs divisions comme ils ne l'ont que trop fait, parvenaient finalement à les écraser tous. >

Léon XIII s'attache enfin à établir qu'on l'a accusé à tort d'avoir en France une attitude contraire à celle qu'il a en Italie. Des deux côtés des Alpes, il ne parle qu'au nom des intérêts religieux. La question de l'indépendance du Saint-Siège en Italie, « est, elle aussi, éminemment religieuse, en tant que rattachée au principe fondamental de la liberté de l'Église. »

Après un document aussi explicite, il semblait que nulle place n'était plus laissée à l'équivoque. Mais l'équivoque est le dernier refuge et la citadelle presque inexpugnable de ceux qui veulent mettre d'accord leurs idées personnelles et leurs sentiments catholiques. On l'avait vu sous Pie IX, après les condamnations de plus en plus explicites du libéralisme de toute nuance. On le vit sous Léon XI 1 1 dans la présente question. Le Pape dut parler de nouveau. Il le fit à l'occasion du congrès catholique de la Jeunesse française tenu à Grenoble sous la présidence de l'évéque du diocèse.

Répondant à Mgr Fava, qui lui avait rendu compte des vœux émis et des résolutions prises, le Pape loue la soumission des membres du congrès aux enseignements du Saint-Siège. « Ces hommes, dit-il, ont donné par là un public et salutaire exemple qui venait à son heure. Il en est d'autres. Nous regrettons de le

nstater, qui, tout en protestant de leur catholicisme, se croient en oit de se montrer réfractaires à la direction imprimée par le Chef l'Église, sous prétexte qu'il s'agit d'une direction politique. Eh :n, devant ces prétentions erronées, Nous maintenons dans toute if intégrité chacun des actes précédemment émanés de Nous, et DUS disons encore : « Non, sans doute. Nous ne cherchons pas à ire de la politique, mais quand la politique se trouve étroitement e aux intérêts religieux, comme il arrive actuellement; en France, quelqu'un a mission pour déterminer la conduite qui peut efficament sauvegarder les intérêts religieux dans lesquels consiste la 1 suprême des choses, c'est le Pontife romain. > En cela le Pape déclare ne s'écarter aucunement de la doctrine des exemples de ses prédécesseurs. Il se réjouit de la part [portante prise par la jeunesse au congrès de Grenoble. « Dieu, ■ntinue-t-il, bénira certainement les efforts de ces jeunes gens, non oins intelligents que dévoués, qui ont pris pour unique mot d'ore la conservation de la foi chrétienne.

« Il fut un temps où l'Orient chrétien demandait à l'Occident le nfort de ses armes pour mettre une digue aux invasions dévasta- ■ces des infidèles, et personne n'ignore avec quel héroïsme la rance prit part à ce mouvement. Autres sont les temps, autres les aux à conjurer. Il n'est plus question pour les catholiques français ; refouler au loin le torrent des infidèles. II Vagît de sauvegarder de développer la foi dans leur propre patrie, menacée de se voir talement déchristianisée. Ils ne peuvent lutter avec des armes atérielles semblables à celles des croisés ; mais ils ont la liberté, ils ont le devoir de recourir aux armes spirituelles. > A cette Cte, chacun doit prendre part, sinon avec héroïsme, au moins avec le bonne volonté et une activité proportionnées à ses forces, afin être « un digne instrument de la miséricorde divine dans la lérison des esprits aveuglés par l'ignorance ou les passions. > Léon XI 1 1 fait des vœux pour que les assemblées et associations

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