CHAPITRE TRENTE-CINQUIÈME
civii, administrant ainsi à toutes les communes de France un remède préventif et curatif contre les empiétements de l'épiscopat! Cette mesure de salut public n'était d'ailleurs pas isolée. II fallait à tout prix empêcher les évêques de faire produire à l'encyclique du Pape ses effets salutaires. Mgr Turinaz, évêque de Nancy,avait montré que la pacification demandée par le Pape n'était ni l'abaissement ni la capitulation. Interrompu par les hurlements de la çt «
populace, le 4 avril, dans une conférence qu'il faisait à sa cathédrale sur la question ouvrière, forcé de se taire, et de voir sous ses yeux un misérable escalader l'autel et s'y asseoir le dos tourné au tabernacle, pendant que d'autres brisaient les lustres et répandaient dans la foule le désordre et la terreur, l'évêque de Nancy avait protesté dans un vibrant écrit contre ces scandales révolutionnaires tolérés par l'autorité. « Ce qui est attaqué et ce qu'on veut sup-
rimer, disalt-il, ce sont les droits les plus sacrés de l'enseignement irétîen, de la parole et du ministère ecclésiastique. Aujourd'hui ous ne pouvons plus parler des ouvriers, des périls de la société, de nfluence salutaire et nécessaire de la religion pour la solution des roblèmes de notre temps. Demain, nous ne pourrons plus parler ; la société et de la religion elle-même, des préceptes de l'Évanile et des commandements de Dîeu. >
Privé de son traitement par le ministre Ricard, il lui tint ce ngage véritablement épiscopal ; « C'est un très grand honneur 3ur moi de subir pareille mesure pour !a défense des droits de Église et de la liberté des consciences... Je déclare en face de ion pays, que je ne courberai jamais la tête devant les iniquités icrilèges qui désolent nos églises, et sous la honte de la servitude Li'on veut nous imposer. :&
Admis, le 3 juin, auprès de M. Carnot en tournée présidentielle, Igr Turinaz n'en témoigna pas moins au président de la Répulique son respect pour l'autorité dont il est revêtu, et proclama j'il désirait ^ l'union des Français dans la justice et dans la berté >. — « Quelles que soient, ajoutait-il, les institutions et les rmes politiques, l'évêque de Nancy et son clet^é accomplissent l'égard du gouvernement le devoir de la soumission tel que l'enligne, avec la doctrine catholique, la raison elle-même. Ils ne :ulent toucher en rien aux droits de l'autorité civile, mais ils îulent réaliser dans toute son étendue leur mission religieuse : ïôtres et pasteurs de tous, ils appartiennent au parti de la France : de Dieu. >
C'était là un commentaire éloquent, par les faits et par la parole, ;s en.seignements de Léon XIII, et l'évêque de Nancy montrait imment on peut unir dans la pratique le respect de l'autorité, le ^str de la paix et le courage apostolique.
A Bar-Ie-Duc, l'évêque de Verdun, Mgr Pagis, tenait au présiînt de la République un langage analogue. < Nous acceptons