CHAPITRE TRENTE-CINQUIÈME
de L Autorité dans l'exposé du fait de Périgueux, qu'elle travestit en l'exagérant; et au sujet duquel elle se répand en injures contre le chef de l'Église et les exécuteurs fidèles de ses volontés, dans l'inqualifiable dessein d'exciter des fils à la rébellion contre leur Père et Pasteur suprême ? — Ainsi l'on affirme, dans ce journal, que Mgr l'évêque de Périgueux a reçu du Saint-Siège un blâme amer pour avoir enseigné que les catholiques ont le devoir de ne jamais voter pour les ennemis de la religion. C'est là un mensonge impudent, et les absurdes conséquences qu'on en tire sont d'indignes
calomnies < Finalement l'écrivain, avec l'intention manifeste de
frapper plus haut, met la diplomatie pontificale en opposition avec le Pape, pour accuser celle-ci de trahison et représenter le Souverain-Pontife comme une facile victime de cette duperie. Ce qui est le comble de l'indignité et du cynisme. Comme si le monde pouvait ignorer qui est Léon X II I ! »
A la suite de l'intervention du Pape, Mgr Rosset, évêque de St-Jean de Maurienne, écrivit au ministre des cultes que, par déférence pour le Saint-Siège, il retirait la partie politique de son catéchisme, mais en réservant son droit, basé sur son devoir apostolique et reconnu par le concordat, de la maintenir, s'il l'eût jugé convenable. M. Ricard ne put se dispenser de féliciter l'évêque de cet acte conciliant, tout en faisant ses réserves quant aux prétendus droits de l'État. La lettre respire cependant un certain esprit de conciliation qu'on n'était pas habitué à rencontrer au ministère des cultes. Les poursuites contre Mgr Rosset et contre Mgr Fava, évêque de Grenoble, qui avait également retiré la partie politique de son catéchisme furent abandonnées. Elles furent maintenues contre l'archevêque de Rennes et les évêques de Luçon et de Séez.
Les archevêques d'Aix et d'Avignon et les évêques de Nancy, Montauban, Mende, Viviers et Valence furent aussi l'objet de poursuites comme d'abus devant le conseil d'État à propos de
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leurs catéchismes ou pour avoir traité des questions soi-disant politiques dans leurs écrits. Leur traitement fut supprimé, ce qui provoqua une protestation du Saint-Siège contre cette atteinte au concordat.
Mgr Gouthe-Soulard se défendit auprès du ministre des cultes en ces termes qui ne manquent pas de piquant : < Le catéchisme et le mandement n'ont rien à faire avec les controverses des partis : ils sont formulés pour tous les temps et tous les gouvernements. Ils expliquent ce que c'est que de mal voter, c est-à-dire choisir les ennemis de Dieu, de la religion et par conséquent du pays, au lieu de représentants honnêtes, timorés et capables. Je fais connaître que voter contre Dieu est un péché. Auriez-vous voulu par hasard qu'un archevêque enseignât que c'est une vertu ? >
Le mot de la fin dans cette affaire des catéchismes fat dit par Mgr Fava, évêque de Grenoble, qui, se soumettant de la meilleure grâce du monde à la direction du Saint-Père, exprima ainsi les motifs de sa conduite dans une lettre adressée au Grenoblois :
« J'ignorais les attaques dont je suis l'objet à propos du retrait de mon catéchisme électoral ; votre journal me les apprend, et votre lettre m'arrive. La question est bien simple.
« Le Saint- Père a vu que la franc-maçonnerie, qui opprime le pouvoir en France, veut absolument et radicalement y détruire le christianisme, et que la secte prend occasion de tout pour forcer la main à nos ministres et les contraindre à frapper sur le clergé. Les catéchismes électoraux ont paru au Saint- Père devoir être une de ces occasions pour les projets de la secte, et il m'a fait savoir indirectement et verbalement son désir de me voir retirer ledit catéchisme. J'ai obéi.
« Comme il n'est pas nécessaire que je mette cette leçon dans mon catéchisme et que je puis, en temps opportun, la placer dans la Semaine religieuse ou ailleurs, au point de vue du bien, il n'y a pas de sacrifice, et cela pacifie.