CHAPITRE TRENTE-CINQUIÈMK
€ D'ailleurs» la majorité de Tépiscopat français s'est abstenue de nous suivre et a montré par là sa manière de voir; elle est celle du Pape. Ceux qui ont parlé et ajouté une leçon à leur catéchisme, ont traité là aussi d'écoles et de mariage civil et de divorce. Ils ne peuvent pas aussi facilement que moi se retirer de la lutte. De ce côté-là, j'ignore absolument s'ils ont été priés par le Saint-Père d'agir comme moi. Je me suis fait, en tout cas, un devoir de les informer, qu'en obéissant au Pape, je ne croyais ni ne voulais cesser de combattre l'ennemi : Tordre maçonnique.
€ Je ne veux pas combattre le pouvoir, mais les francs-maçons,et si, en frappant sur ceux-ci, dont la haine contre le catholicisme est inextinguible, je viens à frapper sur quelque représentant du pouvoir, ce n'est pas ma faute. En entrant au ministère ou dans quelque fonction, un fonctionnaire doit laisser à la porte ses défroques et sa haine de sectaire; sinon nous avons le droit de le regarder comme oublieux de son devoir et traître à la patrie. >
Mgr Fava, l'énergique ennemi de la franc-maçonnerie, avait compris que se soustraire, si peu que ce soit, à la direction donnée par Léon XIII, c'était faire le jeu de la Loge. Puissent tous les catholiques français avoir une égale clairvoyance et une aussi généreuse soumission !
Il était désormais clair pour tous que la secte rencontrerait toujours sur son chemin le Saint-Siège et l'épiscopat indissolublement unis. C'était le gage le plus certain de la cohésion des forces catholiques et d'une prochaine victoire, ainsi que l'écrivait le Souverain- Pontife à l'archevêque de Tours en répondant aux souhaits de fête de Mgr Meignan : « Nous ne devons pas vous dissimuler, disait le Pape, que l'espérance et l'attente des fruits que nous avons en vue reposent en grande partie sur le zèle pastoral avec lequel les évêques de France concerteront leurs efforts pour accomplir le dessein dont nous avons pris l'initiative. >
Le zèle de l'épiscopat à s'associer aux enseignements de Léon XIII est d'autant plus méritoire que bien des considérations semblaient devoir l'en détourner. L'énorme budget des œuvres catholiques n'est-il pas en effet alimenté en majeure partie par les catholiques, pour la plupart monarchistes jusqu'à présent ? Ce sont eux qui supportent les frais de la guerre faite par le gouvernement
à la religion, et entre autres le budget annuel de 25 à 30 millions requis pour maintenir les 14,000 écoles chrétiennes de France. Ce sont eux encore qui ont fourni aux évêques privés de leur traitement les sommes nécessaires pour y suppléer, somme variant pour chaque évêque, de 15,000 à 37,000 frs. On eut donc compris quelque hésitation chez des pasteurs désireux de ne pas froisser les plus dévouées de leurs ouailles. S'ils n'ont pas hésité, c'est que