I. Léon XIII devant ies eontemporcàtu
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Dans sa lettre aux cardinaux, Léon XIII dit que les ennemis de la religion ont été les plus prompts à saisir le vrai sens et la portée pratique de lencyclique. Cette clairvoyance devait naturellement se traduire par un redoublement de violence et d'efforts pour pousser le gouvernement dans les voies de rantîcléricalisme, empêcher la pacification, dégoûter de plus en plus les catholiques de la forme républicaine et les détacher de la politique du Pape.
Cest ce qui arriva. L'encyclique avait à peine paru que M, Hubbard invita le gouvernement à demander Turgence pour le projet de loi sur les associations, machine de guerre destinée à enlever aux congrégations religieuses les derniers restes de leur liberté. Reprenant la distinction de Léon XIII pour la combattre, il s indignait à la pensée que « TÉglise catholique ne voulût point se considérer comme un service public, comme une fonction salariée par TÉtat, et devant s'incliner en face des lois de F État. »
M. de Freycinet, président du conseil, fut fort embarrassé. Au fond, il ne tenait nullement à faire voter si vite un projet de loi qui aurait pu longtemps encore faire bonne figure dans les cartons, et être montré de loin aux radicaux comme un appât et une espérance. D'autre part il tenait à ménager le Souverain-Pontife qui venait de donner des gages à la République. Le ministre s'en tira assez piteusement, faisant Téloge de Léon XIII et acceptant Turgence, < comme méthode de travail 1^ mais non comme signifiant un vœu en faveur de la séparation de TÉglise et de TÉtat. Puis il déclara qu'il fallait distinguer l'Église des congrégations religieuses, et que le projet, hostile à ces dernières, ne l'était pas à la première! En somme M. de Freycinet cherchait à contenter le Pape par des paroles, et les radicaux par des faits, mais il eût voulu rendre ces faits le moins blessants possible pour les catholiques. Misérable tactique qui rencontra de tous côtés l'accueil qu'elle méritait.
M. Pichon, au nom des radicaux, mit les points sur les i et conclut en s'écriant: « L'union républicaine sans le Pape, ouï; avec le Pape,