CHAPITRE TRENTE-SIXIÈME
17 décembre 1891, adressée par M. Ribot à l'am France auprès du Saint-Siège :
i. Le concordat est violé dans son esprit, disait h Affaires étrangères, quand les évêques affectent d'in pas seulement comme de simples citoyens, mais en ta chargés de la direction d'un grand service pub choses de l'ordre politique, soit en censurant les acte nement, soit en se prêtant à l'organisation d'un pai dont ils seraient les chefs, mais qui ne serait en réalii politique. La déférence envers les représentants du la neutralité au milieu des contestations politiques sor devoirs d'un clergé reconnu par l'État. Il ne serai de donner aux évêques des conseils de .prudence, n'en saurais douter, le Saint-Siège tient à prévenir de graves conflits... Vous pouvez affirmer hautement qt nement de la République désire avec la plus entière sii religieuse, qu'il a le plus profond respect des croy droits de la conscience... En vous faisant l'interprète ments, vous n'aurez que plus d'autorité pour signalei y aurait à laisser l'épiscopat persévérer dans la voie où Nous ne voulons pas avoir la responsabilité de ce advenir si on laissait s'aggraver un état de choses si < véritables intérêts de l'Église. >
Ainsi donc, dès cette époque, le gouvernement dor Siège des assurances répétées de bienveillance envei et le menaçait de conflits si l'attitude du clergé à '. République ne changeait pas. Il est juste d'ajouter q affirmait en même temps son intention de maintenii était en lui, le concordat, que le Saint-Siège, peu dé cer la France dans l'inconnu, tient à conserver com relations de l'Église et de l'État. « La situation, dis ne laisse pas que de préoccuper tous ceux qui ont à <
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tien de la paix religieuse et qui considèrent que le Concordat en est encore la meilleure garantie. Les débats de ces derniers jours ont montré que Tidée de la séparation de TÉglise et de l'État était envisagée par certains catholiques, aussi bien que par un grand nombre de républicains, comme une solution des difficultés que soulève l'application du Concordat. Le gouvernement de la République s'est prononcé avec fermeté contre une pareille solution. Mais nous ne pouvons nous dissimuler qu'il deviendra difficile de défendre le Concordat contre les attaques dont il est objet, si les évêques ne s'inspirent pas davantage de son esprit. >
Léon XIII entra résolument dans la voie qu'on lui ouvrait. Cette voie, nous l'avons vu, offi'ait, au point de vue catholique, de nombreux avantages non prévus par le gouvernement mais réels.
Le Saint-Siège ne pouvait plus être accusé d'hostilité à l'égard du pouvoir civil, puisqu'il répondait aux avances de celui-ci tout en restant sur son terrain avec une correction absolue, comme le montra Mgr Ferrata dans l'interview du Gaulois citée plus haut : « Ce serait se faire une singulière idée de la mission d'un nonce apostolique, que de le considérer comme chargé de combattre le gouvernement auprès duquel il est accrédité, et de favoriser les intérêts de tel ou tel parti. Pourquoi se montrer plus catholique que le Pape ? Le Saint-Siège ne demande qu'une chose aux pouvoirs civils : ne pas entraver la mission de l'Église, qui est de diriger les âmes dans la voie du salut. Le Pape invite les catholiques français à obtenir du pouvoir, tel qu'il existe, le plus grand bien possible pour l'Église. >
En second lieu, Rome mettait à l'épreuve la sincérité des assurances de bienveillance que le gouvernement ne ménageait pas à la religion, en lui fournissant, dans l'appoint du nouveau parti constitutionnel, le moyen d'échapper à la pression radicale. Une détente s'opérait du même coup dans les esprits et détachait les indiffiérents et les modérés du radicalisme. Enfin la résistance catho-