‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 193 sur 255 · CHAPITRE TRENTE-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-SEPTIÈME

destinées nouvelles. Est-ce que T Église qui a les promesses éternelles, peut le laisser passer sans aller à lui et sans se mettre à sa tête ? C'est une folie de l'avoir cru ! (Applaudissements.) Voilà ce que je vois dans la politique du Pape, et ce que je vous demande d'y voir avec moi. Contemplée de cette hauteur, elle embrasse un horizon si large qu'en vérité les préoccupations de détail et d'attitude, les difficultés et les conjectures électorales paraissent bien peu de chose ! » L'orateur termine par cette exhortation pratique : € Français et catholiques, soumis au gouvernement de votre pays, mais résolus à défendre et à conquérir vos droits et vos libertés légitimes, organisez-vous pour les luttes prochaines. — La jeune Ligue, qui m'a fait l'honneur de me placer à sa tête, vous appelle dans ses rangs, je voudrais vous y voir entrer tous. Quand vous serez forts matériellement et numériquement, vous pourrez tendre la main à tous ceux qui veulent, comme vous, la liberté publique et religieuse, et chercher avec eux la plate-forme d'une lutte commune. En attendant, faites vous connaître et aimer du peuple : allez à lui, donnez-vous à son service sans vous laisser ébranler par les déceptions inévitables ou par les insuccès passagers, ni troubler par des violences dont le vrai peuple n'est pas responsable et qui n'empêchent pas ceux qui souffrent d'avoir droit à la justice. > (Applaudissements.)

Le cardinal-secrétaire d'État, à qui M. de Mun avait envoyé le texte de sa harangue à la jeunesse, lui écrivît le 13 juin : « Je dois vous dire que cette lecture m'a causé une bien douce satisfaction, et non seulement à moi, mais au Saint- Père, à qui j'ai communiqué votre discours, parce que celui-ci fait, tout entier, éclater l'attitude de dévouement pratique au Saint-Siège, que vous n'avez pas hésité à prendre, même en sacrifiant vos sentiments personnels. Sa Sainteté n'attendait pas moins d'un fils dont le dévouement s'est publiquement manifesté en mille occasions. Aussi est-ce de tout cœur que je vous exprime les éloges que vous méritez pour cette très noble

attitude, et je souhaite que votre louable exemple ait bientôt de nombreux imitateurs. >

En pai'courant les comptes-rendus des grandes assemblées de Lille et de Grenoble, en constatant l'enthousiasme et la vie qui les anime, on ne peut s'empêcher de se dire que là est l'avenir, et non dans des adhésions timides, réluctantes et pleines d'arrière-pensées

à la politique du Pape. Le succès est à ceux qui ont l'ardeur et la conviction, et non aux arrière-gardes démoralisées.

Aux réunions de Lille et de Grenoble il convient de joindre celle de Saint-Chamond (19 juin) où,devant plus de mille auditeurs réunis fMJur entendre une conférence de M. l'abbé Garnier, M. Charles Neyrand, député de Saint- Etienne, fit les déclarations les plus explicites quant à l'acceptation de la forme républicaine et la lutte

Page 1