‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 204 sur 255 · CHAPITRE TRENTE-NKUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-NKUVIÈME

organes, la moindre justice, la moindre bienveillance, la moindre courtoisie ? Il n'en est rien; les partis politiques ne connaissent pas ces choses. II ne faut ni s en étonner, ni s'en émouvoir, quand on entend servir son pays en dehors d'eux, et ne pas être en leurs mains l'instrument docile de leurs passions. Le langage que je tiens est d'ailleurs dirigé contre la politique exclusive et fermée, pratiquée depuis quinze ans par les hommes qui, tour à tour, descendent du pouvoir et y remontent sans rien changer à cette triste politique. Ils y sont presque tous inféodés par leur passé, par leur vie tout entière; ils y sont retenus par les comités électoraux dont ils dépendent, dans lesquels les radicaux sont les maîtres, parce que leur concours ou leur défection y assure la majorité ou détermine la minorité. Ce n'est donc ni à eux, ni pour eux que je parle.... C'est au pays et aux hommes de bonne foi auxquels nous nous adressions lors des dernières élections, que je m'adresse de nouveau aujourd'hui. Aux républicains qui, satisfaits de voir la République établie, veulent l'apaisement dans le pays. Aux hommes des autres partis qui, quels que soient leurs regrets, placent au-dessus de leurs préférences la volonté nationale et la conquête de nos libertés essentielles. »

Au total M. de Mackau parle à peu près le même langage que Léon XI 1 1, ou tout au moins il tend avec Léon XI 1 1 à rallier, contre les sectaires radicaux et sur le terrain de la République, tous ceux qui ont encore l'instinct et le désir de la conservation sociale et religieuse.

L'évolution politique de M. de Mackau fut le signal de la désagrégation du monarchisme, organisé comme parti politique. Il en est qui se demandèrent si le changement d'attitude d'un homme aussi engagé par son passé profiterait aux partisans de la nouvelle politique conservatrice, et si le suffrage universel allait croire à cette conversion inattendue. Mais que de telles conversions apportent ou non une force nouvelle au parti constitutionnel, elles ont en tous cas, pour celui-ci, l'avantage de faire tomber une opposition puissante. Il s'ensuivra nécessairement un mouvement de ralliement plus accé-

1ère au sein des masses conservatrices, qui ne seront, plus retenues dans une voie opposée par le prestige de chefs anciens et respectés. La puissance d'attraction du nouveau parti en sera augmentée d'autant, et il marchera avec un élan de plus en plus grand dans la voie tracée par un Pontife qui, l'histoire le dira, aura été Tami le plus fidèle de la France, en ce siècle si plein d'épreuves pour elle.

Déjà l'on peut prévoir ce que sera le parti qui fera triompher sur le terrain constitutionnel la politique du Pape. Léon XIII en a indiqué lui-même les lignes fondamentales, quand il a fait appel pour sauver la France, non seulement aux catholiques, mais à tous les honnêtes gens. Le parti à constituer ne devra donc pas être exclusivement catholique, mais il devra réunir tous les éléments capables de combattre l'ennemi qu'il faut vaincre. Or il ne faut pas se le dissimuler, c'est contre la franc-maçonnerie, qu'il s'agit de lutter, contre la franc-maçonnerie qui prétendait faire sa chose de la république, forme de gouvernement en elle-même inoffensive, qu'elle mettait en avant pour masquer ses desseins réels. Aujourd'hui le masque lui a été arraché par la main de Léon XIII. Elle devra se montrer au peuple français telle qu'elle est, et ne pourra plus désormais coaliser contre la religion, sous prétexte de monarchisme, tous ces indifférents, tous ces modérés qui aiment la République, mais non la République telle que l'entend la Loge.

La hideuse République maçonnique, celle qui mérite à tous les titres ce nom de (i gueuse » que M. de Cassagnac se plaît à lui donner, sait-on quelle elle est.»^ Les détails que donne Le XIX^ Siècle sur le convent maçonnique de 1892 nous l'exhibent dans toute son horreur:

« Par l'organe de l'assemblée de ses représentants officiels, la franc-maçonnerie française, dit Le XIX^ Siècle, a marqué sa volonté de voir la République suivre une politique nettement réformatrice, anti-cléricale, franchement socialiste, et elle n'a rien épargné pour exprimer la fermeté de ses intentions... Rien, pas même le sacrifice

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