CHAPITRE TRENTE-NEUVIÈME
de quelques-uns de ses membres influents, comme MM. Lombard et Fernand Faure, députés, qui ont rendu à la cause maçonnique des services indiscutés. >
Voici les principales résolutions de l'assemblée :
€ Le convent 6/âme et désavoue les francs-maçons, représentants dans les assemblées électives, qui ont voté des subsides pour l'exercice des cultes. Il exige, ce que nombre de membres réclamaient depuis longtemps, que les membres du conseil de Tordre s'engagent par écrit à se faire faire des obsèques civiles. Enfin, décidés à ne plus se laisser jouer par des transfuges de la francmaçonnerie, les membres du convent ont exprimé le vœu qu'à l'avenir — le mandat impératif n'ayant pas de reconnaissance légale — les membres de l'ordre, candidats à des fonctions électives, signent l'engagement maçonnique de voter les réformes nécessaires à l'évolution finale de la République, la séparation des Églises et de l'État, la suppression du budget des cultes, la suppression de l'ambassade auprès du Pape. » .
Mais c'est surtout au banquet, inter pocula, que la rage maçonnique se donna carrière. Des paroles de M. Dequaire, candidat malheureux dans la Loire, il résulte que la politique de Léon XIII a forcé les frères trois-points à jeter le masque. « Quand les derniers partisans des régimes déchus, a-t-il dit, font un pas vers la République, il est tout naturel que les républicains fassent un pas vers la République républicaine ; quand tout le monde en France en vient à se dire républicain, il est tout naturel qu'il se forme dans notre pays un parti en faveur de la vraie République, dont le mot d'ordre est, pour notre convent de 1892, l'anticléricalisme décidé et le socialisme laïque et libertaire. Ces sous-titres seront, si vous les acceptez, les divers points de notre programme pour les élections de i8qj. Ils contribueront à donner un air de famille à toutes les professions électorales dont se réclameront les candidats de la République maçonnique, de la République vraiment républicaine. »
Ainsi donc la franc-maçonnerie devra désormais se montrer sans masques. Mais quelque affaibli que soit le sens catholique et religieux en France, croit-on que la nation très chrétienne soit mûre pour le programme qui a été exposé au convent par l'orateur que nous venons de nommer et dont voici les principaux points ?
« L'école restera neutre ; l'État n'aura pas à subventionner les divers cultes sur son budget. Pour que les Églises soient séparées des États, il ne suffit pas que les budgets des cultes soient supprimés : il faut encore que les emblèmes cultuels disparaissent de nos prétoires, de nos voies publiques, que l'État n'ait plus à se procurer à ses frais ni locaux, ni aumôniers, ni ministres d'aucun culte, aussi bien sur ses navires que dans Tenceinte de ses lycées. Il faut qu'il cesse de mettre, autrement que par voie d'adjudication, ses monuments au service de telle ou telle confession religieuse. Il faut qu'aucune congrégation n'ait le monopole des services à rendre dans nos dispensaires ou hôpitaux. Bref, il faut que la laïcisation, ébauchée sur le terrain de Técole, se continue de proche en proche, atteignant successivement tous les grands services publics, et qu'on réalise enfin la neutralité absolue, hors de laquelle il n'y a qu'injustice et favoritisme. Une bonne et vigoureuse loi sur la police des cultes s'impose, dans tous les cas, comme préface à la suppression du budget religieux, à la dénonciation du Concordat. Mais cette loi n'est point la seule qu'exige, à titre de prolégomène, toute tentative dans le sens de la séparation des Églises et de l'État. Une loi spéciale devra régler les droits à l'association des groupes religieux, fabriques, consistoires ; une autre limiter l'accumulation des biens de main-morte ». Et l'orateur termine par un appel et une menace à ceux qui siègent « au bout du pont de la Concorde >.
Non, le peuple français n'est pas mûr pour de telles réformes^ et même dans les régions officielles, même dans l'ancien parti républicain, beaucoup d'hommes politiques sentiront le besoin de rompre avec ceux qui ont de pareils projets et de s'appuyer sur un parti