‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 225 sur 255 · CHAPITRE QUAHANTE-ET-UNIÈMK · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUAHANTE-ET-UNIÈMK

Léon XIII, que tous ne peuvent ni ne doivent les égaler: mais Tordre de la divine justice veut que chacun corrige sa vie et ses mœurs par une pénitence convenable, car il faut rendre à cette justice une stricte satisfaction des fautes commises ; et il vaut mieux le faire dans cette vie, par des peines volontaires qui méritent en même temps la récompense due à la vertu. » D'ailleurs l'esprit du christianisme nous enseigne à faire pénitence, non seulement pour nos propres péchés, mais aussi pour ceux des autres.

Exhortant enfin les évêques à faire fleurir partout la dévotion du Rosaire, Léon XIII s'écrie: < Comme il sera beau de voir dans les villes, dans les bourgs, dans les villages, sur terre et sur mer, aussi loin que s'étend le nom catholique, des centaines de milliers de fidèles, unissant leurs louanges et leurs prières, saluer d'un seul coeur et d'une seule voix Marie, implorer Marie, tout espérer par Marie ! > C'est par cette prière unanime que les catholiques obtiendront le retour au Christ des nations égarées, le salut du monde et la tranquillité de l'Église.

Non content de cette encyclique, qui est un traité aussi solide que complet de la dévotion au Rosaire, Léon XIII, dans ses lettres du 5 octobre 1892, reprend le même sujet avec des formes nouvelles, plus tendres encore peut-être et plus poétiques. Bornonsnous à signaler l'hommage qu'il rend à Marie en son nom personnel, dans ces paroles pleines d'émotion :

« La sainte piété envers Marie, sucée pour ainsi dire par Nous avec le lait, s'est vivement développée à mesure que Nous croissions en âge et s'est consolidée dans Notre âme. II apparaissait en effet toujours plus clairement à Notre esprit combien était digne d'amour et d'honneur, celle que Dieu lui-même a aimée le premier, et aimée de telle façon, qu'après l'avoir élevée seule parmi toutes les créatures à la plus sublime grandeur et l'avoir ornée des plus grands dons, il l'a prise pour sa Mère. Les témoignages nombreux et splendides de sa bonté et de sa bienveillance à Notre égard, que

Nous Nous rappelons avec la plus grande reconnaissance et 'non sans verser des larmes, ont augmenté en Nous cette piété et Tenflamment puissamment. Pendant les jours longs, agités et dangereux que Nous avons traversés, Nous avons toujours recouru à Elle, toujours Nous avons dirigé vers Elle nos regards anxieux et attentifs : déposant dans son sein tout espoir et toute crainte, toute joie et toute douleur, Notre soin assidu a toujours été de la supplier de Nous assister sans cesse avec la bonté d'une Mère et de Nous accorder la grande grâce de pouvoir lui montrer les sentiments dévoués d'pn fils. > Cest surtout en assumant le poids du Pontificat suprême que Léon XIII a recouru à Marie. « Notre espérance, continue-t-il, Nous Nous plaisons à le proclamer, n'a jamais manqué au cours de toute Notre vie et spécialement dans l'exercice du suprême apostolat, d'obtenir par la suite des événements le fruit désiré, ou tout au moins un soulagement. C'est pourquoi cette espérance s'élève maintenant en Nousjusqu'à demander des choses plus nombreuses et plus grandes, sous les auspices de Marie et par son intercession, pour l'heureuse augmentation du salut du peuple chrétien et de la gloire de l'Église. »

La piété et la prière, la prière à Dieu par Marie : voilà donc le secret véritable de laction si puissante de Léon XIII sur l'Église et sur le siècle. L'encyclique se termine par des réflexions empreintes d'une sorte de religieuse tristesse, en même temps que d'une sérénité surnaturelle qui, dans la bouche de ce vieillard dominant de haut toutes les choses d'ici-bas et interrogeant du regard celles de l'au-delà, semblent un avant-goût de l'éternité.

Attribuant à la prière la grâce qui lui est faite de voir arriver le cinquantième anniversaire de sa consécration épiscopale, Léon XIII s'écrie : «C'est là certes une grande chose, si l'on considère la longueur de ce temps employé au ministère pastoral, et spécialement la période que Nous avons accomplie dans la préoccupation du gouvernement de tout le peuple chrétien. Dans cet espace de temps, ainsi qu'il

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