‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 23 sur 255 · CHAPITRE VINGT-SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SIXIÈME

terons pas au Saint- Père ce qu'il affirme à ce propos >. « Mais, ajoute M. Bonghi, le frein de la religion, avec ses promesses de récompenses et ses menaces de châtiments dans la vie future, n'existe plus ou au moins ne fait plus peur à personne. > Après quoi le philosophe est obligé de reconnaître que la société n'a cependant rien trouvé pour remplacer ce frein religieux, 4L Les lois ne sont pas un frein, puisque c'est précisément contre elles qu'est organisée la rébellion, en tant qu'elles déterminent et protègent l'ordre social. L'instruction parcimonieusement distribuée n'est pas un frein, elle qui engendre la présomption et qui, sans réussir à dissiper entièrement les ténèbres de l'ignorance, laisse l'esprit dans un état de demi-obscurité, dans lequel on voit toutes choses confusément et l'on ne distingue pas le bien du mal. > L'ex-ministre ne trouve d'autre solution à la question sociale que la participation des ouvriers aux bénéfices! Mais il ajoute modestement : € Nous ne savons si entrer franchement dans cette voie suffirait pour résoudre la question ouvrière, qui est bien loin d'être simple. >

Ainsi en présence de la parole pontificale, si claire, si positive, l'économie politique libérale, par l'organe d'un de ses représentants les plus distingués, avouait ses incertitudes et montrait l'inanité de ses conceptions au sujet de la grande énigme sociale proposée par le prolétariat, sphinx moderne qui menace, comme l'ancien, de dévorer ceux qui sont impuissants à lui répondre !

Une autre grande impuissance allait bientôt se révéler au monde: celle de César, dans la personne du jeune empereur d'Allemagne!

Animé des meilleures intentions, Guillaume 1 1 méditait d'enrayer, par de sages mesures et par des concessions, le progrès de plus en plus menaçant du socialisme dans son empire et dans le monde. Une des idées qui lui souriaient le plus était celle d'une législation internationale du travail.

Cette idée, à la vérité, ne lui appartenait pas. Elle avait été lancée

le monde par un excellent catholique, M. Decurtins. conseiller mal suisse. Celui-ci, après une discussion sur ce sujet à l' Union ilique £étttdes sociales et économiques de Fribourg, s'offrit à en

la proposition au Conseil fédéral helvétique. Il présenta en le temps, au département de l'industrie et de l'agriculture suisse, lémoire sur la question de la protection ouvrière internationale

exposait ainsi le fondement de son projet ' :

La vie économique des peuples n'est pas une vie isolée.

hange entre consommateurs et producteurs ne s'effectue plus

les étroites limites d'un État. Les frontières douanières ne supent pas le fait qu'entre pays et pays il se fait et doit se faire un nge continuel de produits. Ainsi il advient que la production

pays influe non seulement sur son propre marché, mais encore e marché de l'autre. L'ouverture de voies de communication ■elient un continent avec l'autre, la conformité des besoins des )ns civilisées de notre époque, tout cela a contribué à créer un :hé international, auquel sont livrées toutes les marchandises lervent à satisfaire les besoins communs de tous les peuples, larché international prête de son côté à la production un carac-

international ; et ce phénomène est précisément ce sur quoi inde la justification d'un règlement international de la condi-

des ouvriers. C'est aussi en lui que se trouve la raison pour elle la législation purement nationale pour la protection de -ci ne peut offrir qu'un correctif limité et insuffisant aux graves mités sociales de l'industrialisme. »

es points que M. Decurtins eût voulu voir régler par un accord •national étaient surtout le travail des femmes et des enfants, le s du Dimanche, le travail nocturne, la limitation des heures de éon XIII, par l'entremise de Mgr Jacobinî, félicita le conseiller

litépar la Civilfà Catloiica, 15 février [890. Nous n'avons pas sous les yenx t« texte lis original.

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