‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 231 sur 255 · CHAPITRE QUARANTE-ET-UNIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUARANTE-ET-UNIÈME

longues années; aussi le clergé européen reste-t-îl considéré dans ce pays, absolument comme étranger. De même, à cause de la moins grande confiance des indigènes envers les étrangers, il est évident que des prêtres du pays produiront des fruits de salut beaucoup

plus abondants. Ils ont les goûts, le caractère, les mœurs de la nation, ils savent quand il vaut mieux parler et quand il est préférable de se taire ; enfin, hindous eux-mêmes, ils vivent au milieu des hindous sans inspirer de défiance, avantage dont il est inutile de

démontrer Timportance, surtout dans les circonstances critiques. > A ce propos Léon XIII rappelle comment, aux temps de persécution, les prêtres indigènes chinois ont pu continuer leur saint ministère, alors que les Européens étaient exilés et massacrés. < Au contraire, dans l'Ethiopie où les chrétiens avaient atteint déjà le nombre de deux cent mille, on massacra ou on exila les missionnaires, et comme il n'y avait pas un seul prêtre indigène, le fruit de leurs longues fatigues fut complètement détruit par cette persécution. » Ce système d'évangélisation est d'ailleurs celui qui a été suivi par les Apôtres eux-mêmes, et toujours recommandé spécialement par les Pontifes Romains. La lettre pontificale déplore Tinsuffisance des séminaires existant aux Indes et engage les évêques de cette région à travailler de tout leur pouvoir à en ériger qui soient à la hauteur des besoins de l'évangélisation, et à faire appel pour y arriver au secours des chrétiens d'Europe.

La sollicitude de Léon XIII pour l'extension de la foi catholique aux Indes, s'est encore manifestée par l'instruction de la Congrégation de la Propagande aux évêques des Indes Orientales sur la conversion des peuples infidèles, en date du 19 Mars 1893. Il y est prescrit à chaque évêque de désigner quelques missionnaires qui n'aient pas à s'occuper des chrétientés existantes, mais s'appliquent spécialement à la conversion des infidèles. Ils occuperont des postes éloignés des stations européennes, spécialement dans les petites villes et à la campagne, posséderont la langue du pays et s'efforceront de gagner les infidèles par leur charité et de les édifier par leurs bons exemples. Leur apostolat s'exercera non seulement en public et dans les églises, mais surtout dans des entretiens particuliers et au sein des familles. Quelque faibles que soient les revenus des diocèses, une partie doit toujours en être appliquée à la propagande parmi les infidèles, quand bien même il faudrait pour cela s'abstenir de donner au culte extérieur la splendeur qu'on pourrait désirer. Les évêques doivent aussi pourvoir à l'avenir de leurs mis-

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