‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 232 sur 255 · CHAPITRE QUARANTE-KT-UNIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUARANTE-KT-UNIÈME

sîons en s'effbrçant de fonder petit à petit un patrimoine diocésain, qui devra de préférence consister en fonds ruraux, cultivés au profit des missions ou loués à des indigènes catholiques. Enfin l'instruction insiste fortement sur la nécessité de former un clergé indigène et appelle l'attention des évêques sur l'éducation de la jeunesse dans les écoles et les collèges. La S. Congrégation ne conseille pas seulement, mais ordonne aux évêques de s'appliquer à l'exécution de ces diverses prescriptions, surtout en ce qui concerne la conversion des infidèles et la formation d'un clergé indigène.

Léon XIII s'efforce ainsi de mettre l'Église des Indes à la hauteur des destinées qui semblent l'attendre. Les temps en eflfet paraissent proches : de divers côtés, l'on signale un ébranlement salutaire dans les milieux infidèles. Peut-être l'oeuvre d'évangélisation, si glorieusement commencée par François-Xavier, va-t-elle prendre bientôt un nouvel et rapide essor et arracher des multitudes innombrables aux anciennes superstitions du Brahmanisme et du Boudhisme, non moins qu'à l'envahissement de l'Islamisme !

Si le soleil de la foi parait se lever sur les régions de l'Extrême* Orient, il semble qu'il se soit partiellement éclipsé dans ces autres régions de l'Orient qui en ont reçu avec une si grande abondance les premiers rayons. Les discussions religieuses d'abord, et puis la conquête musulmane ont plongé l'Orient chrétien dans une sorte de sommeil, qui, malgré tout, n'est pas sans grandeur dans sa traditionnelle immobilité. Léon XIII voudrait lui rendre l'activité et la vie, et dès les débuts de son pontificat, il étendait ses bras vers lui et l'invitait à venir chercher au centre de la catholicité soit l'unité perdue de la foi, soit la ferveur primitive de la charité !

Nous avons rapporté, au cours des années antérieures, quelques actes de Léon XIII tendant à ce but. En 1893, on vit l'Orient et l'Occident se rapprocher l'un de l'autre dans un élan inespéré d'amour réciproque; ce mouvement béni, encouragé, dirigé

LE PAPE LâON XIII.

par le Souverain-Pontife sera, espérons-le, la source féconde d'où jaillira un jour l'union de l'Orient ef de l'Occident dans la seule vraie foi, et dans la vivante charité du Christ!

Le congrès eucharistique de Jérusalem fut le prologue de ce spectacle qu'un avenir, peut-être plus prochain qu'on ne le croit, réserve au monde '.

Les noms du cardinal Langénieux, nommé par Léon XIII son légat au congrès de Jérusalem, et de Mgr Doutreloux, évêque de Liège, président du comité des œuvres eucharistiques, à l'initiative duquel est due l'organisation de cette grande assemblée, demeure-

I. Les détails qui suivent sont empruntés en grande partie à une remarquable correspondance de la Civiità CattoUca (3 septembre 1893}.

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