‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 243 sur 255 · CHAPITRE QUAHANTE-ET-UNIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUAHANTE-ET-UNIÈME

hiérarchique des congrégations bénédictines en créant entre elleà une véritable confédération. Pour atteindre ce but, Léon XIII charg'ea le cardinal Dusmet, archevêque de Catane, et bénédictin lui aussi, d'inviter tous les prélats de son ordre à la pose de la première pierre de Saint-Anselme, cérémonie qui devait faire partie du programme des fêtes jubilaires épiscopales du Souverain- Pontife. Réunis fort nombreux à Rome, les abbés en profitèrent pour traiter en commun des intérêts majeurs de l'ordre. Ce concile monastique

Abbaye-Collège de St-Anselme.

se tint à Saint-Callixte pendant le mois d'avril 1893. Entrant sans réserve dans les vues du pape, il exprima, entre autres vœux, celui de la création d' une dignité primatiale, revêtue de tous les droits compatibles avec l'autonomie nécessaire aux diverses congrégations. Dans l'audience du 2 mai, le cardinal Dusmet présenta au Saint- Père les vœux de l'assemblée. Léon XIII les agréa avec faveur. Par le bref Summum setfiper du 12 juillet, il les confirma de son autorité suprême, et nomma ad nuéum à la dignité de premier primat et d'abbé de St-Anselme le R^^e père Dcm Hildebrand de Hemptinne,

Le Pspe Léon XIII. -

abbé de Maredsous, de la congrégation de Beuron. C était donner une marque de singulière confiance à cette congrégation et au chef de la moderne abbaye belge, digne émule de ses plus illustres sœurs des siècles passés. Mis à la tête de la grande milice religieuse de Saint-Benoît, lancien lieutenant de Hemptinne, des zouaves pontificaux, se trouve appelé à défendre, sur un terrain plus élevé, ce Siège de Pierre pour lequel il s'était naguère offert à verser son sang. Le décret Inaestimabilis unitatis vincido du 3 septembre 1893 acheva l'œuvre de l'union bénédictine, en précisant les droits du primat à Tégard des congrégations confédérées, et sa position au collège de St-Anselme de Ui^be, dont il est abbé par le fait même de sa charge primatiale.

On peut dire de ces événements, qu'ils ouvrent à l'ordre bénédictin une ère nouvelle de vie et de grandeur. Entre autres fruits que l'Église se promet de son zèle, nous signaleions d'une manière particulière l'apostolat en Orient. Pourramener à l'unité romaine les chrétientés victimes du schisme de Photius, Léon XIII estime que nul ordre n'aura une plus heureuse influence que celui de St-Benolt. Déjà il s'en était ouvert, dans sa lettre Abbiamo appreso au cardinal archevêque de Catane. Voici comment, dans l'audience accordée en 1893 aux élèves de St-Anselme, il développa la même pensée. Nous empruntons ces paroles au compte-rendu que la Revue bénédictine publia de l'entretien du Saint-Père d'après le rapport d'un des auditeurs. « L'Église a maintenant de grands et difficiles devoirs, et elle a besoin de nombreux ouvriers. Ce qui, entre autres choses, me tient fort au cœur, c'est la réunion des Grecs schismatiques à l'Église romaine. Cette pensée a été un des mobiles qui m'ont déterminé à ériger le collège de St-Anselme. Seuls entre tous les ordres et congrégations, les Bénédictins n'éveillent point de défiance en Orient, au contraire, ils y jouissent encore de la sympathie des peuples. Les bienfaits qu'ils ont répandus dans les siècles passés, vivent toujours dans leur souvenir. Les Bénédictins seront très aptes

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