CHAPITRE QUARANTE-DEUXIÈME
Tunivers, et grâce aux travaux des érudits, « Tâge illustre des Pères sembla presque revenu ». Pie IV, Clément VIII, Sixte-Quint firent magnifiquement imprimer la Vulgate et les Septante en des éditions devenues classiques. En même temps paraissaient des éditions de versions anciennes, et les polyglottes d'Anvers et de Paris, si justement célèbres. A ces travaux se joignaient ceux de commentateurs illustres, qui ont trouvé de dignes successeurs jusqu'à nos jours. De-tout cela il résulte que c'est bien à tort qu'on a accusé l'Église de négliger l'Écriture Sainte. Au contraire elle a tout fait pour la mettre en honneur et en faire profiter ses enfants.
L'encyclique s'occupe ensuite de la bonne direction des études bibliques. Elle dénonce d'abord les adversaires à combattre, qui sont les rationalistes, fils et héritiers des protestants. Les protestants rejetaient le magistère de l'Église, et n'admettaient que l'Écriture et son interprétation personnelle. Les rationalistes vont plus loin. « Ils nient complètement qu'il y ait une révélation, ou une inspiration, ou une Écriture Sainte, et ils n'y voient que des fictions et inventions humaines ; d'après eux, il n'y a pas là des narrations authentiques d'événements vrais, mais de pures fables ou des histoires mensongères ; il n'y a pas là des prophéties et des oracles divins, mais, ou des prédictions arrangées après l'événement, ou de simples intuitions de l'esprit humain ; il ne faut pas non plus y voir de vrais miracles et des manifestations de la puissance divine, mais seulement des phénomènes curieux qui ne dépassent pas la force de la nature, ou des illusions et des mythes ; enfin, il faudrait attribuer les Évangiles et les écrits apostoliques à de tout autres auteurs que ceux qu'on leur donne. >
Les jugements de ces oracles de la science libre sont à la vérité et de leur propre aveu fort oscillants. Néanmoins leurs attaques prennent de jour en jour plus d'extension. Les hommes instruits pourraient s'en défendre sans trop de difficulté, mais, répandues dans le peuple par mille pamphlets et mille discours sérieux ou railleurs.
pénétrant jusque dans les écoles inférieures, elles causent la ruine des ignorants et de lenfance, qu'elles trouvent sans défense.
Pour répondre à ces attaques, il faut que, dans les séminaires et les collèges ecclésiastiques, 1 étude de TÉcriture Sainte soit à la hauteur de son importance et des exigences du temps. Il y faut des maîtres particulièrement habiles, auxquels on prépare de dignes successeurs en appliquant, après leur théologie, quelques ecclésiastiques à rétude exclusive de l'Écriture Sainte. Les maîtres devront avoir en vue de former des élèves également aptes à la défense et à \ interprétation des Saints Livres. « C'est à quoi tend le traité communément appelé Introduction à la Bible^ oii 1 élève trouve abondamment ce qui sert à établir l'intégrité et l'autorité de la Bible, à découvrir et à saisir le vrai sens du texte, à prévenir et à réfuter radicalement les objections. Il est à peine besoin de dire combien il est important que ces préliminaires soient méthodiquement et savamment traités, avec la théologie pour compagne et pour auxih'aire, puisque toute la suite des études bibliques s'appuie sur ces bases et s'éclaire de ces lumières. >
Pour ce qui concerne \ interprétation « le maître prudent évitera la double erreur de ceux qui expliquent superficiellement quelque chose de chaque livre et de ceux qui s'appesantissent immodérément sur une partie d'un livre. » Dans les universités, on obtient facilement qu'un livre entier soit expliqué avec une certaine ampleur. Ailleurs, il faudra souvent se contenter d'en faire expliquer d'une façon suffisamment pleine certaines parties choisies, afin que les élèves y trouvent une direction pour des études ultérieures, et se pénètrent pour toute leur vie de lamour de l'Écriture Sainte.
Les maîtres se serviront, dans leurs leçons, de la Vulgate selon le décret du Concile de Trente. Les autres versions, appréciées dans l'antiquité chrétienne, surtout les primitives, doivent être aussi tenues en honneur. « Car, bien que, pour l'ensemble, le sens de l'original hébreu et grec apparaisse bien dans les termes de la Vulgate, cepen-