CHAPITRE VINGT-SIXIÈMB
la Belgique et la Suisse sur leur participation € à un accord international touchant la possibilité de subvenir aux ^besoins signalés et aux vœux formulés à l'occasion des dernières grèves » ; après quoi, tous les gouvernements seraient convoqués à une conférence internationale.
Un second rescrit» adressé à M. de Berlepesch, ministre du Commerce, manifestait l'intention de protéger la partie économiquement la plus faible de la population, € selon l'esprit de la morale chrétienne), spécialement par le développement des institutions d'assurance et des lois industrielles, et par l'examen de la condition des ouvriers de fabrique. < Il faut partir du principe que c'est un devoir pour le gouvernement de régler les conditions et la durée du travail, de façon que la santé des ouvriers,leurs intérêts moraux,leurs besoins matériels et leur égalité devant la loi soient sauvegardés. > Guillaume II préconise l'établissement de dispositions législatives permettant aux ouvriers de se faire représenter, pour les règlements des affaires communes aux patrons et aux ouvriers, par des hommes ayant leur confiance, et qui seraient chargés de défendre leurs intérêts dans les négociations avec les chefs d'industrie et avec les autorités gouvernementales. Il désire qu'en ce qui concerne la protection économique à accorder aux ouvriers, les mines de l'État deviennent des institutions modèles. Quant aux mines des particuliers, il demande qu'elles soient soumises à l'inspection de fonctionnaires publics.
Tels sont les fameux rescrits de Guillaume II, à propos desquels le cardinal Manning écrivait à M. Richard Fletcher : € Je considère cet acte impérial comme le plus sage et le plus digne de tous ceux qui sont émanés jusqu'à présent de l'initiative des souverains de notre époque. >
Le jeune empereur accentuait le caractère religieux de ses pensées en disant peu après au conseil d'État : < Je ne me dissimule pas qu'en ces sortes de choses, l'action de l'État seule ne saurait
e pour mener à bien les réformes désirables. L'action libre de ise et de l'école conservera un vaste champ, dans lequel elles ont l'une et l'autre appuyer et féconder l'activité de l'État, (teindra ainsi son but. >
rtes il y a lieu de regretter qu'un souverain aussi bien intené ne jouisse pas de ta pleine lumière de la foi catholique, :lle, en le mettant en communication intime de pensée et ion avec Léon XIII, l'armerait pour le bien d'une victorieuse :nce. Mais il est juste de dire que, tout protestant qu'il soit, aume II comprit quelles ressources possède le Pape pour dier aux maux de la société. Il l'invita donc, dans ces termes ictueux, à favoriser de son appui la conférence internationale :
A S. S. le Pape Uon XIII.
Berlin, 6 Tévrier,
Tr^ Auguste Pontife, nobles manifestations par lesquelles Votre Sainteté a toujours fait valoir son ice en faveur des pauvres et des abandonnés de la société humaine, me font r que la conférence internationale qui, sur mon inviution, se réunira à Berlin lourant, attirera l'attention de Votre Sainteté et qu'Elle suivra avec sympathie ;rhs des délibérations qui ont pour but d'améliorer le sort des ouvriers. ; point de vue, je crois de mon devoir de faire parvenir à Votre Sainteté le mme qui doit servir de base aux travaux de la conférence, dont le succès Bingulièretnent facilité, si Votre Sainteté voulait prêter à l'œuvre humanitaire ai en vue, son bienfaisant appui. J'ai donc invité le prince-évêque de Breslau, ; sais pénétré des intentions de Votre Sainteté, à prendre part en qualité de élégué à la conférence. Je saisis volontiers cette occasion pour renouveler à Sainteté l'assurance de mon estime et de mon dévouement personnel.
(Signé) Guillaume.
(Contresigné) de Bismarck.
réponse de Léon XI 1 1, conçue dans les termes les plus bien- .nts, félicitait l'empereur d'avoir pris tant à cœur une cause noble, aussi digne d'une sérieuse attention et qui intéresse l'univers. Léon XIII déclarait qu'il n'avait cessé de s'en