CHAPITRE QUARANTE-DEUXIÈME
Les théologiens et les commentateurs ne suffisent pas à la défense de rÉcriture. Il faut que tous les catholiques qui ont un nom dans les sciences profanes s'y appliquent également. < Rien n'est plus nécessaire que de voir les défenseurs de la vérité l'emporter en nombre et en valeur sur les adversaires qu'elle rencontre ; et rien ne peut mieux persuader aux hommes de rendre hommage à la vérité, que de la voir professée hardiment par ceux qui se distinguent en quelques branches illustres des sciences. De la sorte la malignité des détracteurs de la religion cédera, ou du moins ils n'oseront plus aussi témérairement dénoncer la foi comme ennemie de la science, quand ils verront les gloires mêmes de la science, apporter à cette foi l'hommage de leur respectueuse adhésion. »
Que les savants catholiques se choisissent donc une spécialité et y défendent avec gloire les Écritures dans les choses qui touchent à cette spécialité.
Léon XIII loue les catholiques opulents qui se font les mécènes des études scientifiques. < C'est là certainement un emploi excellent et très opportun de la fortune, car, moins les catholiques peuvent espérer de subventions officielles pour leurs travaux, plus il est à désirer que la libéralité des particuliers se montre prompte et généreuse. »
Quant aux savants qui s'appliquent aux travaux en question, qu'ils n'oublient pas que l'aiiteur de la nature est aussi celui des Écritures et que par conséquent aucune contradiction ne peut exister entre l'une et les autres, pas plus d'ailleurs qu'entre l'histoire et les Livres saints. Que si quelque chose parait contradictoire « il faut s'appliquer à le faire disparaître, soit en demandant au jugement sage des théologiens et des interprètes le sens le plus vrai ou le plus vraisemblable du passage controversé de l'Écriture, soit en examinant avec plus de soin la force des arguments produits à rencontre. Et il ne faut pas se rebuter si même alors subsiste quelque apparence de désaccord : car puisque le vrai ne peut jamais
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contredire le vrai, qu'on tienne pour certain que Terreur s'est glissée soit dans l'interprétation des textes sacrés, soit dans la thèse adverse ; mais sî on ne l'aperçoit suffisamment d'aucun côté, il faut provisoirement surseoir à la décision. Nombreuses sont en effet les objections dont les divers ordres de sciences ont fait longtemps grand bruit contre l'Écriture, et qui maintenant, reconnues vaines, sont absolument abandonnées. >
Au reste dans certains cas, mieux vaudra reconnaître son ignorance que de s'exposer à tomber dans quelque erreur d'interprétation. Ces conseils, bien suivis, donneront l'efficacité aux travaux de ceux qui cultivent les sciences subsidiaires des études bibliques.
L'encyclique se termine par une chaleureuse exhortation aux évêques et aux ministres de l'Église, spécialement aux étudiants ecclésiastiques. Les premiers sont invités à faire fleurir les études bibliques dans les séminaires et les universités, les seconds sont pressés de n'aborder les Saintes Écritures qu'avec un profond respect, en abdiquant l'arrogance de la science terrestre pour s'inspirer à la sagesse d'en haut qui leur éclairera l'esprit et les fera tendre aux récompenses de la vertu et de l'amour divin.
Ce document, où l'érudition marche de pair avec la portée pratique, termine la série des encycliques dont nous avions à entretenir le lecteur. Le pontificat de Léon XIII comprendra encore des jours longs et glorieux : c'est notre ferme espoir. Maïs l'œuvre doctrinale du Pontife est, sinon terminée, au moins suffisamment complète, dès maintenant, pour qu'elle apparaisse à tous les yeux dans son grandiose et harmonieux ensemble. Léon XIII a promené le flambeau de la divine doctrine sur tous les points où l'éclat de cette doctrine salutaire avait à briller plus particulièrement, pour dissiper les ténèbres qu'une fausse science et une raison révoltée ont accumulés autour des intelligences de notre temps. Grâce à ces flots de lumière, qui du haut du rocher de Pierre inondent