‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 35 sur 255 · CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME

et les prêtres prêcheront partout les règles de la vie chrétienne et s'appliqueront i à nourrir en eux-mêmes, et à faire naftre dans les autres, la charité, reine et maîtresse de toutes les vertus. C'est, en effet, d'une abondante effusion de charité qu'il faut principalement attendre le salut : Nous parlons de la charité chrétienne, qui résume tout rÉvangile, et qui, toujours prête à se dévouer au soulagement du prochain, est un antidote très assuré contre l'arrogance du siècle et l'amour immodéré de soi-même ; vertu dont l'Apôtre S. Paul a décrit les offices et les traits divins dans ces paroles : La charité est patiente, elle est bénigne ;... elle ne cherche pas son propre intérêt /... elle souffre tout ;... elle supporte tout '. >

L'impression causée chez les non-catholiques par l'encyclique de Léon XIII fut un mélange d'étonnement et d'admiration, qui se manifesta "dès l'apparition du document pontifical et n'a fait que s'accroître depuis lors.

' Le principal organe du socialisme allemand, le Vorwaerts^ dans la surprise du premier moment, faillit rendre les armes au Pape et s'écria: < En vertu de ses fonctions et dans la plénitude de son pouvoir, le Pape a pris les devants sur les princes et les gouvernements des États civilisés et il a résolu la question sociale. Oui, il a sans aucun doute résolu la question sociale, autant qu'il est donné aux pouvoirs actuels de la résoudre. :>

La Éreslauer Zeitung, journal libéral, écrivait de son côté: € Nous applaudissons pleinement à l'attitude du Pape: l'encyclique est l'enseignement d'un homme sage et généreux, qui a étudié avec perspicacité la situation économique et sociale de notre époque. >

En Angleterre, le Times s'exprimait ainsi: < L'encyclique abonde en observations incidentelles dignes d'attention et respire la charité chrétienne et une bonne volonté qui, si elle était imitée et partagée

I, I Cor., XIII, 4-7.

par beaucoup, résolverait presque les questions industrielles de répoque... Claire, logique, écrite avec une science d*homme d'État, telles sont les épithètes que nous croyons pouvoir appliquer à ce document. "»

La St-James Gazette^ du parti Tory, remerciait le Pape des courageuses paroles par lesquelles il avait rappelé la nécessité de retenir, dans nos temps de cupidités effrénées, les multitudes dans les limites du devoir. Elle ajoutait: « Combien de nos hommes politiques qui ont des suffrages à conserver ou à gagner, auraient osé exposer un tel sentiment en une forme si intrépide ? Mais nous serions injustes envers le Pape, si nous traitions son encyclique comme l'œuvre d'un capitaliste. Chaque paragraphe respire l'amour pour les ouvriers et beaucoup de passages sont enflammés d'une éloquente indignation contre les abus inhumains qui s'insinuent dans les industries et le commerce. >

L'organe de la Haute-Eglise, le Guardian, publia une remarquable appréciation de < cette encyclique, émanée, disait-il, d'un homme qui doit pourvoir à l'administration d'une vaste société dont la centralisation a atteint une perfection que ne peut égaler aucun empire temporel... Le fait que Léon XIII ait jugé la question sociale digne d'une encyclique ; que le Pape, âgé de quatrevingt-deux ans, soit parvenu à la même conclusion que le jeune empereur d'Allemagne qui n'en a que trente-trois, ce fait, nous le répétons, est d'une grande éloquence. Les effets de l'encyclique ne peuvent manquer d'être importants. Dans les questions qui regardent le travail et qui semblent devoir peu à peu effacer et couvrir toutes les autres, l'Église catholique se place résolument du côté des ouvriers. Elle le fait, à dire la vérité, avec un esprit sage et modéré, avec le soin constant de distinguer les revendications légitimes de celles qui sont extravagantes et sont invoquées au hasard dans l'intérêt prétendu des ouvriers. C'est un ami prudent qui parle, non un avocat aveugle et passionné. Mais, partout où

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