CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME
c'est nécessaire, le Pape prend une position bien délimitée dans la controverse, et cette position est à l'avantage des ouvriers. Quand on réfléchit que l'encyclique, quoique reflétant originairement la pensée d'un seul homme, deviendra, par adoption, celle de plus de mille évêques et de tout le clergé qui dépend d'eux, on verra que nous n'avons pas exagéré l'importance histcrrique de ce document Son effet sera immense dans le développement de la question sociale, et il le sera aussi sans aucun doute pour l'avenir de l'Église catholique. >
L'évêque anglican de Manchester enchérit encore sur cette appréciation déjà si favorable d'un écrivain protestant : il déclare dans un meeting public « que l'encyclique révèle un esprit très vaste, une grande profondeur de connaissances et une prévoyance des plus sagaces ; que ft Pape a mis le doigt sur la plaie de notre système social et qu'il faut l'écouter, sans quoi le monde aura à expier sa faute par de terribles calamités. >
En France, plusieurs écrivains non^ catholiques s'occupèrent de l'encyclique Remm navarum. Nous citerons l'appréciation curieuse à plus d'un titre de M. Maurice Barrés, membre socialiste de la Chambre des députés ^
< Après l'encyclique Sur la condition des ouvriers et l'encyclique aux catholiques de France, je ne vois pas de raison pour qu'il y ait un catholique de plus; mais par contre, je ne conçois pas qu'il subsiste un anticlérical.
< Le Pape reconnaît le droit des faibles dans la question sociale ! Le Pape coupe la corde qui le liait aux morts politiques. Donnez quelques années pour effacer les défiances et la démocratie ne verra plus dans le prêtre un ennemi.
4L Aussi bien, Léon XIII n'eût-il point parlé, que la démocratie aurait dû cesser une lutte devenue sans objet. Le prêtre, s'il fut. un obstacle au gouvernement républicain et à la propagande socialiste,