I. Léon XIII devant ses contemporains
88 LK PAPK LâON XIII.
n'entrave plus aujourd'hui le large courant de Topinion. Cest pour l'avoir constaté que nous sommes, au Parlement, quelques nouveaux venus qui nous refusons à voir dans la fameuse formule ^ guerre au cléricalisme » autre chose qu'une manie des vieilles barbes du parti, ou une tactique d'obstruction précisément contre le socialisme. Et sur ce point nous sommes bien assurés d'être d'accord avec notre génération. Dans les fractions les plus ardentes du monde ouvrier, les agitateurs eux-mêmes déclarent que i la question religieuse leur est indifférente ».
« Indifférence ou vague sympathie de l'opinion, cela peut-il suffire à l'Église ? Léon XIII se contentera-t-il d'avoir désarmé les haines ; ne voudra-t-il pas restituer à la papauté l'initiative qu'elle eut au moyen âge ? On peut lui supposer cette ambition et le souci que saint Pierre prenne la direction de la réorgaffisation sociale, que tous réclament ou prévoient.
«Audace merveilleuse! Imprévue volte-face! N'est-ce pas là quelque conception éclose dans l'entourage ardent d'un M un ou d'un La Tour du Pin, et qui gèlerait dans les antichambres du Vatican ? Réconcilier l'Église et la Société moderne en les lançant toutes deux vers le même inconnu! Modifier brusquement, du moins à l'égard des vieilles formes sociales de l'Europe, l'état mental de plusieurs millions de fidèles!... J'admire et je m'étonne. Du point de vue qu'on a au trône de Saint-Pierre, que va-t-il advenir ? Plus je sens ma faiblesse à embrasser tous les possibles de cette nouvelle politique, plus ma respectueuse curiosité est éveillée par l'illustre vieillard qui, dit-on, veut l'essayer. »
Le lecteur a fait de lui-même les réserves qu'appellent ces lignes d'une hétérodoxie bienveillante, et nous nous bornerons à obsewer que si Léon XIII cherche à se mettre à la tête de la réorganisation sociale, cette réorganisation n'est nullement celle que rêvent les révolutionnaires. Il suffit de lire l'encyclique pour s'en convaincre.
Nous venons d entçndre la voix d'un socialiste. Les appréciations