‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 56 sur 255 · I. Li&n XIII^ page · texte numérisé non relu

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sa maudite obstination, se remplissant le cerveau et Tintelligence de mille erreurs et vanités, et qu'enfin il montra tant de perversité dans son entêtement, qu'il fut conduit par le ministre de justice au Campo de Fiori et là brûlé vif. > En se rendant au supplice il vomit lès plus horribles blasphèmes et, sur le bûcher même, peu d'instants avant de mourir, un des confrères lui ayant présenté rimage du Sauveur, il la regarda d'un œil furieux et la repoussa avec dédain. Telle fut Thorrible fin de l'apostat de Noie.

Le supplice du feu enduré par ce misérable excite aujourd'hui la pitié des cœurs sensibles, mais pour bien apprécier le fait, il faut se rappeler les mœurs juridiques du temps. Il est certain que ce mode d'exécution, comparé à certains supplices raffinés en usage en Allemagne à cette même époque, peut être considéré comme relativement rapide. Il n'est pas même démontré qu'il fût beaucoup plus cruel que ceux dont on use à présent. La mort devait venir promptement, peut-être même avant que le condamné fût atteint par les flammes, grâce à l'abondant dégagement de fumée et de gaz que produisait la combustion de l'énorme pile de bois au centre de laquelle se trouvait le supplicié.

Quoi qu'il en soit de ces considérations, le fait de l'exécution de Giordano Bruno n'est pas en lui-même plus inique que l'exécution de Ravachol ou de tel autre philosophe pratique de l'anarchie. Eux aussi prétendent mourir pour un principe, et livrent leur tête au bourreau en criant : « Vive la République ! » ou «Vive l'anarchie ! > L'hérésiarque, né à une époque de foi vive dans un pays catholique, et abandonnant de son plein gré l'Église pour dogmatiser contre elle, briser l'unité religieuse de son pays et enlever à ses frères les biens de râme,n'est pas seulement un apostat: il commet un crime de lèsepatrie. Quand on réfléchit aux torrents de sang innocent que fit verser la prétendue réforme protestante, et aux malheurs sans nombre qu'elle accumula sur l'Allemagne, on se prend à regretter que les pouvoirs publics n'aient pas mis, dès le début, dans l'impos-

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