‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 70 sur 255 · I. Saint Grégoire, Lettre à Vempereur Maurice^ Regest · texte numérisé non relu

I. Saint Grégoire, Lettre à Vempereur Maurice^ Regest

CHAPXTRE VINGT-NEUVIÈME. 169

cite les paroles du premier ministre Crispi : € La lutte vraie et € réelle — le gouvernement a le mérite de l'avoir compris — c'est € la lutte entre la foi et r Église d'une part» le libre examen et la

< raison de lautre. Que l'Église continue de chercher à réagir, à

< enchaîner de nouveau la raison et à vaincre. Quant au gouverne-

< ment, dans cette lutte, il se déclare ouvertement pour la raison

< contre la foi, et il considère comme son devoir de faire de l'Italie € l'expression évidente de cette raison et de cette liberté.» Léon XI 1 1 conclut de ces faits et de ces paroles que le gouvernement italien veut l'accomplissement du plan maçonnique. Puis il expose d'après des documents authentiques les desiderata des loges. < L'influence € maçonnique, dit le document cité par le Pape, doit se faire sentir

< dans toutes les circonstances de la vie sociale et devenir la mai- € tresse et l'arbitre de tout. Ainsi on préparera la voie à l'abo-

< lition de la Papauté ; ainsi l'Italie sera délivrée de son implacable € et mortel ennemi, et Rome, qui fut dans le passé le centre de la « théocratie universelle, deviendra dans l'avenir le centre de la sécu-

< larisation universelle, d'où sera proclamée en face du monde entier

< la magna charta de la liberté humaine. > 4L Sans exagération, c'est là, conclut le Pontife, l'état présent et l'avenir prévu de la religion en Italie. En dissimuler la gravité, serait une erreur funeste. > Puis il dénonce au monde catholique les offenses que l'Église et le Pontificat reçoivent continuellement, surtout à Rome, il proteste qu'il n'omettra rien pour conserver la foi au sein du peuple italien, il invit^ le clergé et les catholiques à en faire autant. — Il faut que tout le monde comprenne qu'en Italie la lutte contre le pontificat est d'ordre essentiellement religieux, et qu'il s'agit pour chacun de défendre le trésor inestimable de la foi, qui doit être sauvegardé

< au prix de n'importe quel sacrifice et sous peine d'un malheur éternel. > — Léon XIII énumère les conditions de cette lutte : un courage < sans ostentation et sans timidité », la docilité et l'amour envers l'Église, les évéques et le Pape, Téloignement «de tout ce

quî est Tœuvre des sectes où reçoit d'elles l'impulsion, > enfin un appui généreux aux œuvres et associations chrétiennes. Le Pape recommande surtout la presse catholique et rappelle « que le devoir des fidèles est de la soutenir efficacement, en refusant leur aide à la presse perverse, et en concourant directement, chacun dans la mesure de ses forces, à faire vivre et prospérer la bonne presse, ce qu'on ne fait pas suffisamment en Italie. :^

Léon XIII montre enfin combien l'état actuel de la péninsule est déplorable : « La secte maçonnique, quoiqu'elle affecte un esprit de bienfaisance et de philanthropie, ne peut qu'exercer une influence funeste, précisément parce qu'elle tend à détruire la religion du Christ, vraie bienfaitrice de l'humanité. » Il rappelle le péril que court la société par le fait des socialistes, et dit € qu'il est nécessaire de réunir toutes les forces conservatrices pour en arrêter les progrès et en empêcher le triomphe. Parmi ces forces, la principale est celle que peut donner la religion. Combattre la religion, c'est donc priver l'Italie du moyen le plus puissant de vaincre un ennemi de jour en jour plus formidable. > A l'intérieur, la guerre faite au Pape creuse une division profonde entre l'Italie officielle et la majeure partie des Italiens qui est vraiment catholique, et toute division est une faiblesse; elle prive l'État du concours des éléments les plus réellement conservateurs; elle alimente au sein de la nation les germes funestes de maux et de châtiments très graves. — «A l'extérieur le conflit avec le Saint-Siège, non seulement enlève à l'Italie le prestige que lui vaudrait infailliblement la pai^^avec la Papauté,mais il lui aliène les catholiques du monde entier, lui impose d'immenses sacrifices, et, à la moindre occasion, peut fournir à ses ennemis une arme contre elle. >

En regard de cette situation fausse et dangereuse, le Pontife développe le tableau qu'offrirait une Italie réconciliée avec le Saint- Siège. Il montre la réforme des mœurs sous l'influence de la religion, le développement de l'esprit du devoir, la solution des

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