‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 74 sur 255 · CHAPITRE TRENTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTIÈME

rîmmense majorité de la population. S'ils s'entendent pour réclamer énergîquement l'indépendance du Saint-Siège, ils créeront un courant d'idées irrésistible, auquel le concours des catholiques de tous pays donnera une force morale incomparable.

Ces réflexions montrent que le règlement de la question pontificale en Italie ne présenterait aucune difficulté spéciale, si on voulait s'appliquer à la résoudre de bonne foi. Malheureusement l'esprit sectaire inspire l'Italie officielle et rend impossible de part et d'autre une conciliation qui supposerait l'abandon de cet esprit, unique raison d'être de l'Italie-Une.

Déjà l'immense danger d'une conciliation entre l'Italie actuelle et la Papauté, avait été signalé par Léon XIII, quand il n'était encore qu'évêque de Pérouse, dans sa lettre pastorale sur le pouvoir temporel du Saint-Siège. Il y cite notamment ce passage d'une lettre de Frédéric 1 1 à Voltaire : « On pensera à la facile conquête € des États du Saint-Siège pour avoir de quoi fournir aux dépenses « extraordinaires : et l'on fera une grosse pension au Saint-Père. € Maïs qu'arrîvera-t-il ? La France, l'Espagne, le Portugal, en un € mot, toutes les puissances catholiques ne voudront pas reconnaître « un vicaire de Jésus-Christ subordonné à la main impériale.

€ Chacun alors créera unr patriarche chez soi Petit à petit chacun

« s'écartera de l'unité de l'Église, et l'on finira par avoir dans son € royaume sa religion comme sa langue à part ^ »

Ainsi donc l'impiété était d'accord avec l'esprit catholique pour prévoir les désastreux effets de la destruction du pouvoir temporel, les effets plus désastreux encore d'une reconnaissance de cet état de choses par un Pape « subordonné à la main impériale », royale ou républicaine, à laquelle serait confié en Italie le gouvernail de la chose publique.

Si Ion tient compte de cette considération, on ne s'étonnera

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