CHAPITRE TRENTIÈME
plus efficace encore par la ligne de conduite observée jusqu'ici. La religion et le clergé ont encore sur les niasses une influence très puissante en Italie. Il y a là une force dont tous sont obligés de tenir compte jusqu'à un certain point. C'est pourquoi les sectaires, malgré leur mauvaise volonté, n'arrivent pas à réaliser tout le mal qu'ils désirent.
M. Bonghi dans une lettre ouverte adressée par lui non sans impertinence à Sa Sainteté ^ écrit la curieuse chose que voici : « Si les prêtres ne vont pas voter eux-mêmes, ils parlent et ils envoient voter les autres. Leur influence n'est méprisée par les candidats d'aucune couleur. Blancs, rouges, verts s'efforcent à l'envi de se la concilier ; et les prêtres la donnent à qui il leur platt. >
Il est à supposer,pour l'honneur du clergé italien, que M. Bonghi le calomnie, quand il dit que les prêtres envoient voter les laïcs pour les candidats des partis libéraux. Néanmoins il y a dans cette phrase un aveu à retenir, c'est que l'influence du clergé est regardée par tous les partis comme très considérable.
£h bien ! il est permis de se demander si, en Italie, le clergé et les catholiques ne gardent pas mieux leur influence en se tenant en dehors des partis existants, que s'ils la mettaient au service d'un groupe parlementaire qui serait fatalement une minorité d'opposition.
On peut donc conclure de là que l'intervention des catholiques aux urnes politiques serait pour le moins inutile. . Mais elle serait aussi dangereuse à plus d'un titre,et le premier danger qui en résulterait serait la confirmation du régime actuel, l'union réalisée entre les divers partis antireligieux aujourd'hui divisés, et par suite un redoublement de haine et de persécution contre l'Église.
Les organes des partis constitutionnels ont compris l'utilité qu'aurait, à leur point de vue, l'organisation d'un parti catholique parlementaire, destiné bien entendu à rester minorité. « L'intervention des cléricaux aux urnes, disait le Popolo Romano, loin d'être