‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 92 sur 255 · I. CatkûHquts allemands, p · texte numérisé non relu

I. CatkûHquts allemands, p

en première lecture. Les débats furent très vifs, ainsi qu'on pouvait s'y attendre. Windthorst, toujours au premier rang, prit le taureau ministériel par les cornes et le terrassa. Il n'eut pas de peine à démontrer que cette rente annuelle que Ton offrait aux catholiques était un vol déguisé. Dans un discours d'une grande vigueur, il protesta contre la confiscation proposée par le ministre, et déclara que lui et ses amis ne. voteraient jamais une telle loi. Désireux de se justifier, M. de Gossler avait affirmé que les autorités ecclésiastiques étaient d'accord avec lui. Le chef du Centre demanda les preuves de cette assertion: « Ni le Pape, dit-il, ni les évêques réunis « à Fulda n'ont fait une concession d une telle portée. Ils ont pro- « clamé au contraire que l'État devait restituer à l'Église les vingt « millions qui sont en jeu. » Le ministre des cultes sommé de produire ses preuves, se retrancha derrière le secret d'État. L'excuse équivalait à une défaite. Windthorst avait pour lui le bon droit, la raison, la justice. Malheureusement ces puissances abstraites étaient seules de son côté. A peu près toute la Chambre prit fait et cause pour le ministre. On assista une fois de plus au spectacle écœurant d'une majorité sectaire toujours prête à écraser la minorité catholique. Ce fut sans succès que Windthorst et P. Reichensperger défendirent les intérêts de leur Église avec autant de science que d'éloquence. Le siège des protestants était fait. Les nationauxlibéraux raillaient et insultaient, les conservateurs prenaient hypocritement l'offensive, et se plaignaient que l'État voulût favoriser le catholicisme au détriment de l'Église évangélique. Le projet de loi fut renvoyé à une commission de 2 1 membres. >

Cette commission était très mal composée. Elle ne comptait que huit catholiques ; les treize autres membres étaient des partisans fanatiques du kulturkampf. Malgré les efforts de la minorité pour améliorer le projet ministériel, la commission semblait disposée à l'aggraver au lieu de le rendre plus tolérable aux catholiques. « Le ministre des cultes donna d'ailleurs le ton, — dit l'abbé Kannen-

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gieser * ; — îl fut aussî cassant que possible. Wîndthorst avait demandé qu'on prouvât que le Pape avait honoré le projet d'un tolerari passe. M. de Gossler lut alors une lettre d'un personnage romain (dont il refusa de dire le nom) dans laquelle le Vatican était censé se résigner à la combinaison d'une rente annuelle. De qui était cette lettre ? Sur l'autorité de qui s'appuyait-elle ? Le ministre se garda bien de donner une explication. Il fut cependant obligé de reconnaître que Léon XIII s'en remettait absolument au Centre dans cette question. Par un coup de théâtre imprévu, l'article I*' du projet de loi fut réjeté par la commission. Les nationaux-libéraux avaient proposé un amendement destiné à exaspérer encore davantage les catholiques. Les conservateurs n'eurent pas le courage de se joindre à eux, et cet amendement fut repoussé par la coalition du Centre et de la Droite. Furieux de cet échec, les nationauxlibéraux jouèrent au gouvernement le tour de s'unir au Centre pour rejeter l'article I*', le pivot de la loi. — Il se trouva ainsi que le ministre, les nationaux-libéraux, les conservateurs, le Centre, tout le monde, fut battu, qui pour une question, qui pour une autre. Le drame finissait en comédie, au grand étonnement des acteurs et de la galerie.

< A la suite de cette aventure imprévue, le projet de loi ministériel revint au landtag intact comme il en était sorti, et les 3 et 4 juin il fut discuté en seconde lecture. Lorsque le 7 juin le projet fut discuté en troisiènie lecture, son sort était décidé. Le Centre ne voulait pas laccepter sans modification, et ses adversaires repoussaient tout amendement. Dès lors l'entente était impossible et Téchec de M. de Gossler certain. La colère et 1 embarras du ministre furent également grands. Il était irrité de vojr crouler le château de cartes de ses' espérances et se demandait avec ennui ce qu'il fallait faire des vingt millions des sperrgeloter. — En disposer en dehors de l'assentiment de la Chambre eût été un acte souverainement inconstitu-

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