I. Ouv, cité^ p
tionnel, puisque, de l'aveu même du ministre de Falk, Tauteur du sperrgesetz, la constitution prussienne de 1850 n'autorisait pas une telle hardiesse. On ne pouvait donc pas y songer. D autre part, le landtag venait de démontrer qu'il était incapable de résoudre le problème. Comment alors sortir de Timpasse } »
On eût voulu recourir de nouveau au système de temporisation employé jusque-là, dans Tespoir que Tépiscopat se serait résigné, de guerre lasse, à accepter la solution du gouvernement. Mais on put bientôt se convaincre que cet espoir était vain. Le ministre des cultes prit donc le parti le plus sage, il proposa la restitution des vingt millions et leur partage, au pro rata des retenues, entre les quinze diocèses atteints par le sperrgesetz^ afin que, sous l'autorité de l'évêque, les ayant-droit reçussent ce qui leur était dû. Le reliquat éventuel de la somme afférente à chaque diocèse devait être abandonné à l'autorité épiscopale, pour en disposer au mieux des intérêts des institutions catholiques.
Ce projet, déposé en janvier 1891, suscita l'opposition la plus vive parmi les protestants. Néanmoins la restitution finit par être votée et elle fut exécutée peu de temps après. C'était là tout un événement. Pour que le gouvernement prussien consentît à indemniser de cette façon les victimes de ses persécutions d'autrefois, il fallait qu'il reconnût bien clairement et son impuissance en présence de l'attitude énergique du Centre, et la justice des réclamations de l'Église. C'est ainsi que l'action simultanée du parti parlementaire catholique et de la diplomatie pontificale amena véritablement à Canossa — pour employer le mot de Bismarck — le gouvernement qui, entre tous ceux de l'Europe, s'était montré le plus brutalement hostile à l'Église. Pareil résultat serait également obtenu ailleurs, si ailleurs aussi le Saint-Siège trouvait, dans un parti catholique puissamment organisé, le point d'appui nécessaire pour traiter d'égal à égal avec les pouvoirs publics armés contre l'Église.
Un triomphe qui se traduit par la restitution aux légitimes pro-