CHAPITRE SIXIÈME
que ce changement suscitait dans le monde entier, spécialement
parmi les hétérodoxes. C'est pourquoi, après avoir annoncé son
La cardinal Slméoni.
élévation au trône pontifical à l'empereur d'Allemagne, Léon XI 1 1 lui demandait de rendre la liberté de conscience à ses sujets
catholiques, lui promettant en retour la fidélité et la soumission de ceux-ci à son autorité. En même temps, l'empereur de Russie recevait du Pape une lettre identique, tandis qu'un pressant appel était adressé au président de la confédération helvétique en faveur des catholiques de ce pays. Ces trois lettres, portent la date du 20 février, le jour même de l'élection de Léon XIII. Elles sont comme le prologue des négociations entamées depuis par le Saint- Siège et qui obtinrent de consolants résultats. Ce qu'il nous importe de faire remarquer ici, c'est la grandeur d'âme de Léon XII I allant au devant de pouvoirs hostiles, et l'habileté qu'il y avait à escompter l'impression favorable causée par son élection sur les puissances séculières, en accentuant encore cette impression. Par cette démarche, le Pape était loin de sacrifier la cause des catholiques opprimés : il prenait au contraire un moyen efficace de la défendre, et témoigner de son amour pour ses enfants persécutés. Il le prouva bien, le 8 avril, en louant en termes magnifiques devant un pèlerinage polonais la fidélité de cette infortunée nation à l'Église.
Nous aurons à reparler des suites qu'eurent les lettres pontificales. Pour le moment, nous citerons comme un rare exemple, de cynisme la réponse du président de la confédération helvétique, lequel se borna à déclarer que la religion catholique jouissait en Suisse, « comme tous les cultes, d'une liberté garantie par la constitution ». L'exil des évêques et des prêtres, les tracasseries de toute nature ne comptaient donc pour rien aux yeux de ce chef d'État ! La. diplomatie pontificale parviendra cependant à faire cesser la persécution en Suisse, maïs ce fait montre quelle pente il y avait à remonter.
Quel que soit l'intérêt des actes pontificaux dont nous venons de parler, le monde en attendait un plus important encore. Que serait la première encyclique de Léon XIII ? Voilà la question que se posaient les ennemis de l'Église, en lui donnant par avance une réponse conforme à la tactique qu'ils avaient choisie. Léon XIII,