‹ Le pape Léon XIIIChapitre 102 sur 248 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

Le Pape en déroulant ces tristes tableaux ne veut pas naître le découragement, mais exciter le zèle des ministres sanctuaire à lutter contre tant de maux. Reprenant alors la con! ration de ce que peut l'Église pour le bien de l'humanité, il rapj que c'est à elle qu'on doit le relèvement des peuples plongés auf vant dans les ténèbres de la superstition, l'abolition de l'esclav la protection des arts et des sciences, l'institution des établissem charitables, etc. « Que si, continue-t-it, plusieurs des biens < nous avons parlé et qui ont eu leur origine dans le ministèi l'assistance salutaire de l'Église, sont l'œuvre et l'ornement l'humanité civilisée, l'Église non seulement n'abhorre et ne répn pas cette civilisation, mais elle considère au contraire co.mm< gloire d'en être la nourrice, la maltresse et la mère. >

Après avoir donné la preuve historique des services rendus l'Église à la société humaine, Léon XIII s'étend sur laconfirms qu'apporte à cette preuve l'état des peuples qui, n'ayant pas re( lumière de l'ÉvangiIe,n'ont possédé que l'apparence et le vain de civilisation. « Ce n'est pas, 's'écrie-t-il, une perfection de . 1e civilisée que le mépris audacieux de toute autorité légitime, et : faut point appeler liberté celle qui s'occupe honteusement et miî blement à la propagation effrénée des erreurs, au libre assouv ment des mauvaises passions, à l'oppression des meilleurs cito; de tout ordre. Ces choses étant erronées, mauvaises et absur ne peuvent avoir l'effet de perfectionner la famille humaine e prospérité, car \ç. péché rend U peuple malheureux, et il est néces! que les esprits et les cœurs étant corrompus, l'état de choses qi résulte ébranle tout ordre et précipite les peuples dans la ruine

Léon XIII entre ensuite dans une magnifique description bienfaits que les chefs suprêmes de l'Église, les Pontifes rom; ont répandus sur le monde, au prix d'immenses travaux, et en prisant les menaces aussi bien que les flatteries insidieuses puissants du siècle. Il rappelle le rôle pacificateur de la Pap

LcPipeUanXIII.

entre les diverses nations, et montre qu'elle était le centre d'où partaient lunité de la foî, le lien de la concorde, le lieu où tous allaient chercher le conseil et la direction pour faire régner la paix, et régler leurs entreprises. Mais on a perdu le respect de Tautorité papale, et les révolutions, les guerres, les calamités ont été déchaînées sur le monde.

L'indigne calomnie qui représente le Siège apostolique comme un obstacle à la civilisation des peuples en général et spécialement au bonheur de l'Italie, amène naturellement Léon XIII à parler de cette question du pouvoir temporel, à propos de laquelle les libéraux italiens feignaient d'espérer de lui une abdication. Il déclare hautement qu'il ne cessera jamais de réclamer le rétablissement du Saint-Siège dans la condition où la sagesse divine l'avait mis, et qui était nécessaire à sa liberté, non moins qu'au bien général de toute la société humaine. Il renouvelle toutes les protestations de Pie IX et toutes ses condamnations contre les violateurs des droits de l'Église Romaine ; il adjure tous les princes et chefs des peuples de ne pas refuser l'aide, si nécessaire,'que leur offre la Religion et de se presser avec amour autour du Saint-Siège, tout en s'efforçant d'adoucir les douleurs de l'Église et de son chef visible.

Dans cette première partie de l'encyclique Inscrutabili, Léon XIII constate les maux dont souffre la société humaine et recherche la cause de ces maux. La deuxième partie est consacrée à en signaler les principaux remèdes.

Le Pontife s'étend d'abord longuement sur ce qui concerne les

erreurs du jour, recommandant aux fidèles de repousser « les opi-

nions même les plus répandues, dès qu'ils s'aperçoivent qu'elles sont contraires à la doctrine de TÉglise, » et citant le mot de saint Paul : « Veillez à ce que personne ne vous trompe par la séduction d'une vaine philosophie, d'après les traditions des hommes et (Câpres la fausse considération des éléments du monde, et non d'après le Christ », il renouvelle les censures de ses prédécesseurs contre ces

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