‹ Le pape Léon XIIIChapitre 105 sur 248 · CHAPITRE SIXIÈUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈUE

décrété le 26 juin, que le catéchisme ne serait plus donné, dans les écoles communales, qu'aux enfants dont les parents en feraient la demande expresse, ce qui équivalait pratiquement à une proscription absolue. Léon XIII ne pouvait garder le silence. Dans une touchante lettre adressée au cardinal Monaco la Valetta, son vicaire-général.il décrit en termes énergiques les causes de douleur que 9f «

lui offre l'état de Rome : la licence effrénée de la presse, l'établissement de temples et d'écoles protestantes, enfin la proscription du catéchisme, ce dernier rempart de la foi des enfants. Il montre ensuite les bons effets de l'enseignement de la doctrine chrétienne et déclare «qu'on ne peut à aucun prix renouveler sur l'enfant le jugement de Salomon, et le couper en deux par une séparation déraisonnable et cruelle entre son intelligence et sa volonté : en

cultivant la première, on doit en même temps diriger la seconde vers l'acquisition des vertus et de la fin dernière. » En user autrement, c'est faire de l'instruction une arme dangereuse aux mains des méchants. Léon XIII expose alors combien est vaine la morale qu'on appelle civile ou naturelle, et combien elle est impuissante à maintenir l'enfant dans le bien. Puis, serrant de plus près la mesure votée, il déclare que la position inférieure dans laquelle on met l'enseignement religieux en le subordonnant à une demande expresse des parents, ne peut qu'inspirer à l'enfant du dégoût et du mépris pour un enseignement qu'il voit dédaigné et à peine toléré par ses maîtres. Sous peine donc de voir le peuple romain perdre sa foi et sa piété traditionnelles, le clergé et les laïques doivent redoubler de zèle pour répandre la doctrine chrétienne, fonder des écoles catholiques et faire en sorte que les parents exigent l'enseignement du catéchisme dans les écoles communales. Telle est la substance de cette lettre si pleine de lumières et d'utiles avis.

Léon XIII y fait, nous l'avons vu, allusion à la propagande protestante. Les sociétés bibliques ont en effet fait irruption dans la Ville sainte par la brèche de la Porta Pia, et y ont fondé, au moyen de l'or anglais et américain, une foule de chapelles qui semblent un défi à l'Église catholique et au Pape infaillible. A côté de ces temples s'élèvent des écoles qu'on peut bien appeler des écoles d'apostasie. Les protestants cherchent à acheter aux parents pauvres l'âme de leurs enfants, par des offres de subsides et de secours matériels. L'argent est en général leur grand moyen d'apostolat. Ils ne réussissent guère, à la vérité, à convertir les Romains à leurs doctrines, mais ils réussissent à faire des sceptiques. C'est pour prémunir le peuple contre ces dangers que Léon XIII fit publier le 12 juillet, parle cardinal-vicaire, une ordonnance rappelant les censures qu'encourent tous ceux qui favorisent de quelque manière que ce soit la propagande hérétique.

A côté de ces motifs de douleur, Rome donnait au Pape des

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