KAMPF
N E des plus belles gloires de Léon XIII sera d'avoir rendu la paix religieuse à l'Allemagne. On peut difficilement se faire une idée de ce qu'il a fallu de patience, de douceur, de persévérance et d'habileté pour arriver, sans compromettre aucun principe essentiel, au résultat désiré. Pour apprécier sainement l'œuvre accomplie par Léon XIII et sa diplomatie, il est nécessaire d'entrer dans quelques détails sur la législation draconienne sous laquelle gémissait l'Église d'Allemagne au moment où mourut Pie IX '. On y verra que l'État prussien avait mis toute la force de sa bureaucratie et toutes les subtilités de ses légistes au service de la persécution,qui devenait ainsi une des principales institutions de l'État. Jetons donc un coup d'oeil sur le Kulturkampf.
Comme toujours les jésuites avaient été les premières victimes de la persécution. Dès le 19 juin 1872, une loi donnait satisfaction à X Allemagne civilisée en mettant au ban de l'empire la Compagnie de Jésus et chacun de ses membres. L'institut et les congrégations soidisant affiliées étaient exclus du territoire de l'empire. Leurs mem-
I. Un d« nos amis d'Allemagne, très au courant des choses de son pays, a bien voulu nous fournir des notes importantes sur le Kulturkampf kk les négociations qui ont amené sa cessation. Nous lui en exprimons ici toute notre reconnaissance.