CHAPITRE SEPTIÈME
n'obtint que 57 voix contre 251. Là-dessus, la session au reichstag fut déclarée close.
Quelques jours après, le 2 juin, la personne de lempereur était lobjet d'un second attentat. Un certain docteur Nobiling tira d'une fenêtre sur Guillaume I*', et l'atteignit à la main. Puis, au moment où l'on pénétrait dans sa chambre pour l'arrêter, il se blessa mortellement d'un coup de pistolet. Sur sa table était placée, très ostensiblement, une pile d'exemplaires de la Gennania, et l'on trouva des cartes de visite sur lesquelles il s'intitulait collaborateur de ce journal. Il fut facile de prouver que le nouveau régicide n'avait jamais eu aucun rapport avec la feuille catholique; Mais les circonstances que nous venons de rapporter firent entrevoir, dans cet événement, la main d'une secte intéressée à rendre la paix impossible en discréditant les catholiques.
Au milieu de l'épouvante que répandit ce second attentat dans les régions gouvernementales, le reichstag fut dissous, et les nouveaux élus votèrent la loi contre le socialisme. Inutile de dire que le vote ne fut pas unanime. Le Centre, fidèle à son principe, refusa ses voix avec le même ensemble que la première fois.
Après chacun des deux attentats, le Souverain- Pontife écrivit à Guillaume I*"" pour lui exprimer sa douleur. On a assuré que Léon XI 1 1 joignit à la première de ses lettres le Syllabus de Pie IX condamnant le socialisme et le communisme. Ce fut le prince impérial, régent pendant la maladie de son père, qui répondit au Pape, pour le remercier.
Le prince écrivait que l'empereur avait retardé sa réponse à la lettre que Sa Sainteté lui avait adressée le 17 avril, dans l'espoir que des explications confidentielles auraient, dans l' entre-temps, permis de renoncer de part et d'autre à exposer des principes contradictoires, ce qui eût été inévitable si la correspondance avait continué dans le sens de la lettre de Sa Sainteté. Puis le prince exprimait le regret que Sa Sainteté ne pût réaliser l'espoir exprimé par Sa
i.E PAPE LÉON XIII.
Majesté. Quant au désir de Sa Sainteté de voir les lois damai modifiées dans un sens conforme aux principes de l'Église catholique, « aucun roi de Prusse, » écrit le prince, < ne pourra y accéder ; car l'indépendance de la monarchie serait affaiblie, si le libre mouve-
ment de sa législation était subordonné à un pouvoir résidant au dehors. > L'avenir devait donner un solennel démenti à ces fières protestations !
Voici la fin de la lettre, contresignée par Bismarck :
« S'il n'est pas en mon pouvoir, ni peut-être en celui de Votre