‹ Le pape Léon XIIIChapitre 120 sur 248 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

qu'on n'eût plus à attendre ni bonne foi ni tolérance. L'Église de Pologne gisait donc privée de ses pasteurs et en proie à une immense infortune.

Léon XIII, qui avait avec tant d'instances plaidé la cause des catholiques allemands, désirait ardemment venir en aide aux catholiques de l'empire russe. Les circonstances semblaient propices. Le Pape avait fait les premières avances en écrivant au czar ^ l'occasion de son couronnement. D'autre part, l'encyclique Qtwd apostolici contre le socialisme ne devait nulle part être mieux comprise qu'en Russie. Le génie slave, porté aux extrêmes, s'étant emparé de l'idée socialiste, en tirait toutes les conséquences et les mettait en pratique avec une détermination et une férocité sans exemple. Tout détruire, pour tout reconstruire ensuite, d'après le programme socialiste le plus avancé, tel était son mot d'ordre. De là le nom de nihilistes pris par les sectaires russes.

A l'époque dont nous parlons, la société russe tout entière semblait trembler sur sa base. Les cercles nihilistes, organisés avec une infernale habileté, conspiraient d'un bout à l'autre du pays. Ils lançaient contre les fonctionnaires et les généraux des arrêts de mort ,qui étaient exécutés en dépit de toutes les précautions de la police. Des incendies, allumés par la malveillance, détruisaient des quartiers entiers dans diverses villes. Mais les coups des conspirateurs visaient surtout le chef de l'État. Les attentats contre le czar se succédaient avec une rapidité et une audace stupéfiante. Le 14 avril 1879, Alexandre II échappait aux trois balles que lui tirait l'assassin Solovief, désigné à cet effet par le sort dans une réunion nihiliste. Dans la nuit du i" au 2 décembre, se rendant à Moscou par le chemin de fer, il ne devait la vie qu'à un changement d'une demi-heure dans l'horaire des trains : une mine, préparée par les nihilistes, éclatait peu après son passage, faisant dérailler et renversant un autre convoi de la cour. Enfin, le 17 février 1880, se produisait un attentat encore plus hardi et plus extraordinaire. Au

LE t»APE LÉON XIII.

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