‹ Le pape Léon XIIIChapitre 122 sur 248 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

que la Providence a établi le pouvoir temporel du Pape pour sauvegarder cette liberté et cette dignité, et il engage les écrivains cathoHquçs à ne cesser de défendre la nécessité de ce prîncîpat civil, qui n'est d'aucun danger pour le bien des peuples en général et de r Italie en particulier : car l'Église n'excite pas les révolutions, elle s'y oppose ; elle ne fomente pas les haines, elle les éteint ; elle ne développe pas la tyrannie, elle la contient par la crainte du jugement de Dieu ; elle n'envahit pas les droits de la société civile, elle les consolide. Le Pape dit aux Italiens « que les affaires publjques de l'Italie ne peuvent être prospères, ni jouir d'une tranquillité durable, si l'on ne pourvoit, comme l'exige toute justice, à la dignité et à la liberté du Souverain-Pontife ». Ce discours outre des conseils pratiqués de la plus haute importance, établissait une fois de plus quelle attitude le Saint-Père entendait garder vis-à-vis de l'ordre de choses existant en Italie.

Deux jours auparavant, s' adressant au Sacré-Collège, Léon XIII avait défini très clairement cette attitude. € Toujours disposés, avait-il dit, à tendre une main amie à quiconque, revenant avec bonne volonté et repentir au sein de l'Église, cesse de 'l'attaquer. Nous continuerons à combattre contre ceux qui lui font la guerre, et nous persévérerons avec fermeté et constance dans la défense de ses droits, de son indépendance et de sa liberté. » Si donc Léon XIII voulait et désirait une conciliation avec les chefs du gouvernement italien, c'était une conciliation supposant au préalable la reconnaissance et le rétablissement des droits violés du Pontife.

Ces déclarations étaient opportunes, car une certaine confusion commençait à régner dans les rangs catholiques par suite des tentatives d'un homme d'État piémontaîs, le comte Valperga de Masino, député libéral mais non hostile à la religion, pour former un parti conservateur, composé de libéraux de sa nuance et de catholiques ', Le programme des conservatetirs-nationatix supposait la

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