CHAPITRE NEUVIÈME
l'encyclique Aetemi Pairis, îl proclamait S. Thomas patron de toutes les universités, académies, collèges et écoles catholiques. Cette déclaration avait été sollicitée par un grand nombre d'évêques et de savants.
Le 15 octobre 1879, par lettre adressée au cardinal de Luca,pré-
Le cardinal Joseph Pecci.
fet de la Congrégation des études, il annonçait l'intention de fonder à Rome une Académie destinée à défendre et à expliquer la doctrine de S. Thomas ; il exposait ensuite son projet de faire publier une édition nouvelle et complète des œuvres du saint Docteur, en remplacement de l'édition de S. Pie V, devenue très rare. Le 8 mai
1880, eut Heu l'inauguration solennelle de l'Académie, dont le cardinal Pecci, frère de Sa Sainteté, fut déclaré président. Ce corps savant compte trente membres dont dix appartiennent à Rome, dix à ritalie, et dix à Tétranger. Quant à l'édition des œuvres de S. Thomas, c est une entreprise de longue haleine qui demandera bien des années. Elle doit contenir tous les écrits du Docteur angélique et les commentaires les plus estimés qui en ont été faits. Le travail préparatoire à l'impression fut confié à l'ordre de S.Dominique, sous le contrôle d'une commission composée des cardinaux de Luca, Simeoni et Zigliara. Le Pape mit à leur disposition une somme de 300,000 fr. Pour encourager les jeunes gens qui étudiaient la philosophie ou la théologie d'après S. Thomas, Léon XIII voulut que des exercices publics de scolastique eussent lieu en sa présence au Vatican. Des élèves du Séminaire Romain, du Collège de la Propagande et de l'Université Grégorienne eurent ainsi l'honneur de soutenir des thèses devant le St- Père et sa cour.
Le zèle de Léon XIII pour la restauration des études philosophiques ne se limitait pas à Rome. De nombreux documents sont là pour l'attester. ,
Par bref du 25 décembre i88o,au cardinal Dechamps, le St-Père expose les raisons qui le portent à désirer la fondation d'une chaire de philosophie thomiste à Louvain. C'est en premier lieu la nécessité d'opposer une solide défense aux attaques des matérialistes et des incrédules, favorisés par «cette liberté effrénée de penser et d'écrire qui règne en Belgique et y a engendré des prodiges d'opinions détestables », et par les efforts de ceux qui veulent introduire ces principes dans les écoles publiques. La nécessité d'une solide formation philosophique est d'autant plus grande que beaucoup d'élèves de l'Université seront un jour appelés aux charges civiles et au gouvernement même de la nation, lequel ne peut que gagner à s'inspirer des enseignements de la philosophie chrétienne. La chaire fut fondée et déjà on a pu en apprécier les résultats. Un second