CHAPITRE DIXIÈUE
un mandement de carême collectif, dans lequel les évêques, i avoir félicité les catholiques de l'ardeur qu'ils mettaient à ré aux efforts du gouvernement pour introduire la neutralité sco recommandaient l'action et la prière, et démontraient combien pernicieuse, pour la religion et la morale, cette prétendue neut qui bannissait de l'éducation l'idée de Dieu, fondement de toute raie, et faisait régner dans l'école une atmosphère d'indifférent destructive de toute croyance positive. Le 6 juin, la loi était ■ par la Chambre, et, le 12, les évêques, dans une nouvelle lettrç totale, condamnaient solennellement, en vertu des décisions rieures du Saint-Siège sur la neutralité scolaire, le nouveau ré d'enseignement ^ comme dangereux et nuisible de sa nature, « risant l'îndifférentisme et constituant un attentat à la foi, à la < et aux droits religieux du peuple belge it. lis déclaraient en que r « on ne peut en conscience fréquenter de pareilleBjécole « stituées qu'elles sont contre l'Église catholique, » ni coopé leur fonctionnement ; annonçaient la prochaine fondation d'( catholiques dans toutes les paroisses où la chose serait possib sans exposer en détail la conduite à tenir par les chefs de fai dans les cas où ils ne pourraient éviter d'envoyer leurs enfant écoles neutres,statuaient que ces cas seraient décidés par les évi sur le rapport des curés. Enfin ils faisaient appel à tous les dé ments pour que de bonnes écoles fussent mises partout à la di: tien des parents catholiques. Le r" septembre, des instruction! tiques furent adressées au clergé. Elles n'étaient pas destinée publicité, mais furent ébruitées par indiscrétion. Elles partie saient davantage les principes énoncés ci-dessus, spécifiant ni ment ce qui avait rapport aux instituteurs officiels, et déclara conditions sous lesquelles on pouvait, dans certains cas, leur pe tre de garder leurs fonctions ; parmi ces conditions figurait 1' gement de ne pas donner l'enseignement du catéchisme,pour I est nécessaire la mission canonique de l'évéque, qui ne peut 1';
der dans les présentes circonstances. Le jugement des cas particuliers était déféré aux évêques. Enfin il était donné des règles pratiques pour le tribunal de la Pénitence. Le. 2 3 février 1880, paraissaient des instructions complémentaires, ayant principalement rapport aux cas où il fallait refuser la communion à ceux qui coopéraient à l'établissement et au maintien des écoles neutres. Finalement, le 14 juin de cette même année, au moment où se consommait la rupture entre la Belgique et le Saint-Siège, de nouvelles instructions pratiques, basées sur les mêmes principes que les précédentes, les expliquaient, les complétaient et les modifiaient en un petit nombre de points, d'après les avis du Saint-Siège et les exigences d'une situation quelque peu différente de ce quHslle était précédemment, grâce aux concessions pratiques que le ministère avait dû faire à TopiniQn publique, en n'exigeant pas avec rigueur, de la part des instituteurs, lapplicaticvî de la neutralité scolaire. La principale différence entre ces instructions et les précédentes était que le jugement des causes excusantes était remis aux confesseurs, au lieu d'être réservé aux évêques, et que par contre il était prescrit de recourir aux évêques dans les cas où, pour éviter un grand scandale, on croirait devoir refuser publiquement la communion. Il était également déclaré que, dans certains cas, les instituteurs pourraient donner le catéchisme moyennant une autorisation expresse de l'évêque.
Tel est le résumé des actes épiscopaux dans la question scolaire. Ces actes, sauf le dernier qui parut au moment delà rupture, furent l'objectif de la volumineuse correspondance échangée entre M. Frère-Orban et le ministre de Belgique auprès du Saint-Siège, et fournirent matière à plusieurs communications du secrétaire d'État de Sa Sainteté. Le chef du cabinet belge s'efforça d'abord de faire désavouer par le Saint- Père les actes épiscopaux. Voyant qu'il n'y réussissait pas, il tâcha de mettre le Vatican en contradiction avec lui-même, soutenant qu'après avoir blâmé les évêques, il s'était