‹ Le pape Léon XIIIChapitre 133 sur 248 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

lions < ne contenaient autre chose que certaines conséquences d'u jugement donné par Pie IX aux évêques d'Amérique sur leur df mande ; qu'elles étaient irrépréhensibles sous le rapport dogmatiqut qu'il était tout au plus permis d'en discuter la forme et l'opportunité. Le Saint-Père s'adressa jusque trois fois, par lettres personnelle au roi des Belges. Dès le mois d'août 1879, il le priait de faire e sorte que les causes des agitations qui troublaient la Belgique fu< sent éloignées et qu'on arrêtât des effets désastreux des récente lois sur l'enseignement, qui ont justement et profondément ému tou les catholiques belges et ceux auxquels est conBé le soin de leurs ir térêts religieux ». Le 4 novembre, Léon XIII revenait ave insistance sur le même sujet et déclarait que tout évêque <accorr plissant l'office de son ministère pastoral, quelles que soit la prudenc et la modération avec lesquelles il puisse agir, devra toujours et ne cessairement se trouver dans une opposition continuelle et inévïtabl avec les tendances et les dispositions de cette loi, parce qu'ell s'éloigne trop des enseignements de la doctrine catholique ; et c'es pourquoi tous les évêques de Belgique, malgré les différences qi peuvent exister dans leurs dispositions et leur caractère personne' se sont néanmoins trouvés unanimement d'accord, lorsqu'il s'est ag de déterminer les mesures à prendre pour combattre les conséquence redoutées de la nouvelle législation. :& Le Saint-Père exprimait en suite l'espoir que les ministres belges reviendraient sur une loi <qu nul besoin réel n'avait réclamée et dont une si grande partie de sujets de Votre Majesté s'est sentie s! gravement offensée J. Le n mai 1880, le Pape rappelait de nouveau que les évêques avaîen été comme contraints à prendre des mesures énergiques, « à caus de la gravité extrême du péril dont les âmes étaient menacées ; par une loi, dont les fauteurs «visaient à combattre de la façon l plus efificace la foi catholique en Belgique, bien plus qu'à revendï quer pour l'État des droits que personne n'avait usurpés >. Il ajou tait que les évêques avaient accordé de nombreuses dispenses et pri

des mesures aptes à calmer le conflît, d après les conseils du Saint- Siège, « lesquels, quoi que Ton ait pu dire en sens contraire, ont été bien accueillis et écoutés par les évêques».

Cependant M. Frère-Orban était décidé à tirer parti de l'échange de vues contre les catholiques, en affirmant devant le Parlement que les évêques avaient été désavoués par le Saint-Siège. C'est ce qu'il avait résolu de faire à la rentrée des chambres, transformant en blâme lattitude réservée du Saint-Siège dans la première partie des négociations, et alléguant des extraits de la correspondance du baron d'Anethan, où étaient résumés, parfois incomplètement, de longs entretiens qu'il avait eus avec le cardinal Nina. Ce dernier, pour éviter toute équivoque, adressa au nonce, le 1 1 novembre 1879, une dépêche où étaient rappelées les idées fondamentales qui avaient présidé à l'échange de vues du côté du Saint-Siège, et niant le désaccord supposé entre celui-ci et les évêques belges. Le ministre des Affaires étrangères refusa de recevoir officiellement cette dépêche, et le Saint-Siège, considérant que le retrait de la légation belge en ce moment eût pu avoir des conséquences graves, consentit avec une longanimité sans exemple à retirer le document en question, bien entendu sans revenir pour cela sur les assertions qui y étaient contenues. M. Frère-Orban ne pouvait donc ignorer quelle était la manière de voir du Saint-Père dans les questions pendantes. Cela ne l'empêcha pas de développer, avec une grande mise en scène, le thème du désaveu devant la chambre des Représentants, le 18 novembre 1879. Les évêques belges ne pouvaient rester sous le coup d'une pareille attaque. Le cardinal Dechamps publia en leur nom une déclaration où il niait toute dissidence avec le Saint-Siège et toute désapprobation par lui de la conduite des évêques: <L Cette phrase de désaveu, disait-il, cette parole de blâme, non seulement le Saint- Père ne l'a pas dite, matSy nous le savons de scùnce certaine, nos adversaires l'attendront en vain. >

Léon XIII confirma bientôt la déclaration de l'archevêque de

an

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