‹ Le pape Léon XIIIChapitre 134 sur 248 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

Malines par un bref du 2 avril 1880, dans lequel, aprèsa zèle des évêques et des catholiques belges dans la questi il ajoutait : « Nous avons donc à cœur de vous dire qu exemples de dévouement, d'attachement au Saint-Sièg pour la conservation de la foi et de la piété dans votre ] remplissent de consolation et resserrent toujours davanti delà paternelle affection qui depuis longtemps Nous u évêques et aux fidèles de la Belgique. > Le Saint-Père signification de ce bref en disant au baron d'Anetha conversation que rapporte la correspondance diplomatiqi cette désunion dont parlent certains journaux n'a ex uni, complètement uni dans la foi avec tous les évêques. I berger et un troupeau. >

A partir de la publication du document dont nous vei 1er, les négociations de la Belgique avec le Saint-Sièg dans leur dernière phase. Le 7 avril 1880, M. Frère-C cita des explications à son sujet, mettant Rome e d'affirmer son accord avec l'épiscopat et d'assumer lare de la lutte engagée entre l'Église et l'Etat, ou de d( hautement la conduite des évêques en leur imposant se Les explications ne se firent pas attendre. Le secrétaire sa dépêche du 3 mai, affirma de nouveau que les évêq raison de condamner une loi contraire à tous les prini morale chrétienne, et de déclarer qu'il était interdit à tou d'y coopérer formellement. Le Saint-Siège, préoccupé modérer l'ardeur de la lutte, avait à la vérité espéré un l'on aurait pu faire quelque distinction entre école et éc trer, dans la pratique, une certaine indulgence à l'égan dont la situation de fait n'aurait point inspiré d'inquîétuc de vue catholique, mais les évêques avaient fait obser l'état des choses en Belgique, une telle distinction était Le Saint-Siège donc, i en ce qui regarde la situation f

nouvelles écoles en général, n'a pas cru devoîr contredire au jugement des évêques, qui, étant sur les lieux, sont en état d'apprécier toutes les circonstances et les conditions des fidèles commis à leurs soins ». C'est pourquoi tout en conseillant la modération dans lapplîcation des peines spirituelles, conseils qui furent toujours accueillis avec déférence par les évêques, il ne s est pas opposé à la condamnation générale des écoles, sauf concession de dispenses dans les cas où les dangers redoutés ne se vérifiaient pas. Le i8 mai, M. Frère-Orban,dans une très longue dépêche, maintenait son opinion quant au désaccord qui aurait existé entre le Pape et les évêques et au revirement qui se manifestait d'après lui dans la conduite du Saint-Siège. Il invoquait lexemple d'autres pays, où les écoles neutres n'avaient pas soulevé de la part du clergé la même opposition qu'en Belgique, La réponse du cardinal Nina, datée du 8 juin, montra de nouveau, par l'étude des faits antérieurs, que le Saint- Siège avait toujours été d'accord avec lui-même et que partout où on avait tenté de les introduire, les écoles neutres avaient été condamnées par le Saint-Siège.

Cette lettre n'était pas encore remise à son adresse, que M. Frère-Orban annonçait au baron d'Anethan le retrait de la légation belge à Rome, et lui ordonnait de préparer son départ. Une pareille mesure, que ne justifiait aucun nouvel incident, excita la surprise qu'on peut s'imaginer. Le cardinal Nina protesta, par lettre du 13 juin, contre cette inqualifiable offense au Saint-Siège, démontrant que rien ne la légitimait. Cela n'empêcha pas le ministre belge de maintenir sa décision, par une lettre au nonce apostolique datée du 28 juin. Il y signifiait en termes hautains son refus d'entretenir des rapports ultérieurs avec le nonce et mettait des passeports à sa disposition. II y laissait voir quel mobile l'avait guidé dans l'échange de vues: à savoir l'espoir d'amener le Saint-Siège à se rapprocher des erreurs modernes en matière d'enseignement, et de se servir de son autorité contre les défenseurs de la foi du peuple belge. La moralité

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