CHAPITRE DIXIÈME
de ces longues négociations fut tirée par le nonce, Mgr Séraphin Vannutelli, dans sa lettre du 29 juin qui fut la dernière écrite en ce
débat.« L'Europe rendra justice à la haute condescendance du Saint- Siège, aux preuves éclatantes qu'il a données de son désir inaltérable
de conciliation et de paix. C'était son devoir, et ce sera son honneur devant Thistoire, de n avoir pas abaissé sa mission divine à des transactions dont le prix eût été la foi des jeunes générations et peut-être d'un peuple entier. »
Les événements dont nous venons de tracer le récit firent l'objet d'une allocution solennelle, prononcée par LéonXl 1 1 le 20 août 1880 devant le Sacré-Collège. Il y condamnait la loi de 1879, protestait contre le rappel de la légation et le renvoi du nonce, au nom de la dignité du Siège apostolique et de son droit inaliénable d'envoyer ses représentants dans tous les pays du monde. Il repoussait les injures dont le Saint-Siège avait été l'objet à propos des événements qui venaient de se passer. II louait hautement le zèle des évêques et les magnifiques exemples de générosité, donnés par les catholiques belges, qui € reconnaissant combien était grand le danger dont cette loi menaçait la religion, résolurent de défendre à tout prix la foi de leurs ancêtres ; et ils le firent de telle façon que la grandeur de leurs travaux et de leurs largesses remplit d'admiration tous ceux auxquels la renommée en parvint. > Le Saint-Père constatait enfin que « les fidèles de Belgique, pleins de douleur pour le départ du nonce, avaient saisi l'occasion qui se présentait pour donner des preuves de leur attachement de plus en plus grand au Siège apostolique, voulan{ ainsi, autant qu'il était en eux, compenser le souci et le chagrin des injures que le Vicaire de Jésus- CiiRiST a souffertes. > — « Et à ce propos, ajoutait-il, il Nous est très agréable de rappeler le grand éloge que fit des Belges, en Notre présence, le pape Grégoire XVI. Lorsqu'il daigna Nous désigner pour la légation pontificale dans leur pays, il nous parla de cette nation dans les termes les plus flatteurs, l'appelant une forte race dont la fidélité et l'amour envers le Siège apostolique et envers ses propres souverains s'étaient maintenus longuement à travers bien des vicissitudes. Ces vertus des Belges, attestées par les monuments des âges antérieurs. Nous avons pu les constater