‹ Le pape Léon XIIIChapitre 144 sur 248 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

de vue par Léon XIII, lorsqu'il a exigé le : ques aux institutions existantes. Le fait mê adopté cette attitude que neuf ans après ces prouve à l'évidence que sa décision n'a pas réflexions.

Si l'on pouvait écrire l'histoire des relatioi et la République française en ces dernières £ ments secrets, l'attitude du Pape se justifiera Pour le moment, sauf les deux lettres signi nons de commeoter, nous n'avons à notre dï ments publics. Ils jettent à eux seuls une lun relations et sur les sentiments du Saint-Père A ce titre, nous devons donner une attention Nobitissima Gallorum gens qui récapitula so de l'Église en France, en même temps qu'ellt et en signalait les remèdes.

Après avoir rappelé les grandes gloires cl: les éloges qu'elle a mérités de la part des Pa qu'elle a reçus de Dieu dans l'ordre naturel, que la France, « en quelque sorte oublieuse d' soustraite aux devoirs que Dieu lui imposait, livrée ni tout entière, ni longtemps à cette f maintenant arrivé à un point où la société hu poison des mauvaises doctrines, semble voul plètement des institutions chrétiennes. Les souffre la France, ont été d'abord la philoso] donné naissance à un esprit de liberté immod des sociétés secrètes conjurées pour opprim' Pontife montre que « la prospérité ne pei « quand la vertu de la religion s'y est éteinte ; l'autorité et les lois perdent leur force ; tyra nants, rébellion chez les gouvernés, voilà les fi

De plus, sans recourir à Dieu, impossible de s'attirer sa protection, nécessaire cependant au bien de la société. Pour les nations chrétiennes comme pour les individus « il est aussi salutaire de se soumettre aux desseins de Dieu qu'il est dangereux de s'en écarter >. C'est ce que l'histoire, et surtout l'histoire de France dans les derniers temps, démontre amplement.

Léon XIII expose ensuite les bienfaits de la religion envers la société, d'abord dans la famille, ensuite dans l'État. Pour le bien de la famille il est nécessaire que l'enfant soit élevé chrétiennement. C'est pourquoi l'Église a toujours condamné les écoles neutres. Rien d'ailleurs n'est plus utile au bien général que l'idée d'un Dieu, créateur, vengeur et rémunérateur, « sans laquelle la jeunesse ne peut supporter aucune règle de vie honnête, et, habituée à ne rien refuser à ses passions, en vient facilement à exciter des troubles dans l'État ». S'attachant ensuite plus particulièrement à ce qui concerne le bien de l'État, l'encyclique rappelle qu'il y a deux sociétés indépendantes dans leurs sphères propres, la temporelle et la spirituelle, mais qu'il est des matières mixtes où chacune intervient à sa manière, et dans lesquelles rien ne peut être plus utile à l'une et à l'autre que de les régler de commun accord. C'est ce qu'avait compris l'autorité civile, après l'apaisement des troubles révolutionnaires au commencement de ce siècle. De là la conclusion du concordat, dans lequel Pie VII montra la plus grande condescendance envers le gouvernement français. Les résultats en furent heureux, tant pour l'Église qui vit revivre les traditions chrétiennes, que pour l'État qui y trouva un gage de tranquillité et de stabilité. Au milieu des menées révolutionnaires du temps présent, un tel résultat devrait suffire à faire maintenir une concorde si heureuse, car rien ne saurait être plus imprudent ni plus dangereux en de pareils moments, que d'entraver la bienfaisante intervention de l'Église.

Malheureusement le Pape en est réduit à déplorer des actes contraires au bien de l'Église et des projets visant l'abrogation du

Page 1