CHAPITRE DOUZIÈME
Tobligation de rendre compte aux employés du gouvernement deâ matières enseignées.
Sur ces entrefaites, la reprise des négociations avec Rome avait été décidée. A cet effet, Bismarck se rencontra pendant Tété de 1879, à Gastein en Autriche, ville d'eaux que le chancelier visitait fréquemment, avec Mgr Jacobini, alors nonce du Pape à Vienne. C'est là que furent déterminées les matières qui devaient faire l'objet des négociations. Celles-ci eurent lieu à Vienne entre le nonce et le docteur Huebler, commissaire du ministre des cultes. Mais là, comme à Kissingen, se heurtèrent des revendications et des principes irréconciliables. Bismarck montrait ses intentions pacifiques en promettant généreusement des changements de texte aux lois de mai et même l'abrogation de quelques dispositions très secondaires ; mais il voulait garder la substance de cette législation, et il fut fort surpris de trouver au Vatican une résistance et une sagacité auxquelles il ne s'attendait pas. Vers la fin de décembre, M. Huebler quitta Vienne. M. de Puttkamer comptait l'y renvoyer après les vacances de Noël, mais le chancelier s'y opposa.
Cependant le Saint- Père ne voulut pas en rester là. Animé du désir d'aller dans les voies de la pacification aussi loin que le permettaient la dignité de l'Église et ses droits imprescriptibles, il déclara le 24 février 1880, dans un bref adressé à l'archevêque de Cologne, Mgr Melchers, que pour hâter la bonne entente, il était disposé à souffrir que lés noms des prêtres appelés par les évêques à partager leur sollicitude pour le soin des âmes, fussent communiqués au gouvernement avant l'institution canonique : « Nos hujus concordiae maturandae causa passuros ut Borussico gubernio ante canonicam institutionem nomina exhibeantur sacerdolum illorum^ quos Ordinarii Diocesium ad gerendam animarum curant in partent suae sollicitudtnts vocant. »
Le 23 mars 1880, le cardinal Nina, secrétaire d'État de Sa Sainteté, communiqua, dans une note à Mgr Jacobini, les conditions aux-
quelles le Saint- Père serait disposé à faire la concession mentionnée dans le bref que nous venons de citer. Il est à r^retter que cette note n'ait pas été divulguée. Le Vatican ne livre rien à la publicité, et Bismarck ne faisait connaître que ce dont la publicité servait ses
Le cardinal Melchers.
plans. Mais d'une note du prince Keuss, ambassadeur d'Allemagne à Vienne (29 mars), nous concluons que ces conditions étaient probablement les suivantes :