Les ecclésiastiques bannis ou exilés seraient amnistiés
4.Le gouvernement s'engagerait à faire réviserles lois de mai dans un sens compatible avec les principes de T Église, et rendrait à T Église la direction de l'enseignement religieux dans les écoles.
Le gouvernement de Berlin n'avait pas attendu cette communication pour manifester sa manière de voir. Un rescrit ministériel du 1 7 mars 1 880 reconnaissait dans les termes du bref à l'archevêque de Cologne, une nouvelle preuve des pacifiques intentions du Saint- Père ; mais il déclarait en même temps, que tant que ces intentions ne seraient pas d'accord avec les prescriptions légales, et ne s'étendraient pas jusqu'à ordonner aux évêques de se soumettre à l'obligation de la notification préalable dans le sens des lois, le gouvernement ne pouvait y attacher qu'une valeur Ihéorique. Aussitôt que le gouvernement aurait la preuve, par les faits, que les dispositions exprimées par le Saint-Père ont eu des suites pratiques, il solliciterait de la représentation nationale les pleins pouvoirs nécessaires pour apporter des adoucissements à l'application des lois de mai.
En réponse aux ouvertures du cardinal Jacobini, Bismarck déclara que toutes les concessions possibles avaient été faites. Il voulait bien consentir encore au rappel, par voie de grâce, de quelquesuns des évêques bannis. Mais, en dernière analyse, il persistait dans sa volonté de mettre, comme par le passé, l'Église catholique à la merci du gouvernement.
Le Saint- Père fut péniblement affecté de l'accueil fait à sa proposition conciliante. Quelles garanties pouvaient offrir ces promesses d'user avec douceur d'un pouvoir discrétionnaire, tant que des
dispositions draconiennes auraient force de loi ? Un ministre autre que M. de Puttkamer ne pourrait-il se servir de ce pouvoir dans un esprit moins conciliant ? Le Saint- Père voulait pouvoir donner d'autre? espérances aux fidèles. Sans réclamer la conclusion d'un concordat, il demandait qu'une convention assurât la révision des lois de mai. Bismarck répondit par une série de récriminations. D'après lui, les prélats de Rgme ne connaissaient pas l'état de choses qui règne en Prusse, et leur ignorance les poussait à des espérances exagérées. Ils eussent voulu que le gouvernement commît la folie de briser ses armes ; mais qu'en résulterait-il sous un pape belliqueux comme l'avait été Pie IX ? Berlin avait fait des concessions importantes ; le Vatican n'en avait fait aucune. Puis venaient des plaintes aiîières contre le Centre, accusé de faire dans toutes les questions une opposition systématique au gouvernement. Les députés catholiques marchaient d'accord avec les socialistes. « On ne peut dire, écrivait plus loin le chancelier, que cette fraction soit induite en erreur par quelques chefs, en présence du fait que tant d'ecclésiastiques de tous rangs lui appartiennent... et qu'elle est soutenue par une noblesse riche et puissante... ce qu'il faut attribuer à l'influence des confesseurs sur les hommes et encore plus sur les femmes. Un mot du pape ou des évêques ferait cesser cette alliance contre nature entre la noblesse et les socialistes. » Plus loin Bismarck se dit plein de compassion pour la population catholique,victime de l'obstination que mettent les prêtres à se refuser, pour des motifs incompréhensibles, au soin des âmes... » Ces déclamations témoignaient de la mauvaise humeur du grand chancelier. Déçu dans l'espérance qu'il avait conçue de ramener la paix religieuse au moyen d'une capitulation de la part de Rome, il prévoyait peut-être, dès alors, ce voyage forcé à Canossa contre lequel il avait protesté
naguère avec tant de véhémence.
Cependant la nécessité de faire cesser la guerre religieuse s'imposait de plus en plus. Aussi, pendant que les pourparlers