‹ Le pape Léon XIIIChapitre 158 sur 248 · CHAPITRE TREIZIÈUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈUE

entre les deux pouvoirs. Quant aux peuples, elle a pour eus amour de mère ; c'est elle qui a inspiré la douceur des mœurs el lois : «Jamais ennemie d'une honnête liberté, elle a toujours e! tous lieux détesté la tyrannie, > Le Pontife exprime enfin le c que ces doctrines soient partout exposées par les évêques.

Telle est cette admirable encyclique, qu'on pourrait appeler tement la charte politico- religieuse des gouvernants catholiq Plût à Dieu qu'elle fût comprise et observée par ceuk qui on mains le pouvoir et qui veillent aux intérêts politiques et soc des peuples !

Malheureusement pour eux et pour les peuples qu'ils dirigenl princes sont trop souvent hostiles à l'ÉgHse, gardienne ■ céleste doctrines du salut. L'empereur de Russie, Alexandre II, don mort tragique venait de donner une si terrible opportunité aux seignements de Léon XIII, avait porté lui aussi la peine dt persécutions contre le catholicisme.

Les derniers jours de son règne avaient cependant été mari par un rapprochement avec le Saint-Siège. Un acte relatif à la mination des évêques catholiques et à l'instruction du jeune cl avait été, après de délicates négociations, signé le 31 octobre i par le prince Oubril, ambassadeur russe à Vienne, et le carc Jacobini, alors nonce dans cette capitale, et depuis la fin de l'ai 1880, secrétaire d'État. II restait cependant beaucoup à fa il fallait surtout régler la situation des Uniates ou Grecs-unis le gouvernement russe s'obstinait à regarder comme faisant pi de l'église schismatique, et qui étaient en butte à la plus dure sécution. Alexandre II semblait disposé à écouter les réclamât du Pape à ce propos; et la visite au Vatican de plusieurs grands-i russes avait pendant l'hiver contribué à entretenir les bons rapp avec Rome.

Alexandre 1 1 1 parut, dès l'abord, vouloir persister dans la 1 de conduite conciliante, dans laquelle son infortuné prédéces

avait fait quelques pas. Léon XIII n'avait pas manqué de lut adresser des condoléances pour la mort tragique de son père. De son côté, le nouveau czar avait fait porter la notification de son avènement au Pape par le prince Oubril, qui fut reçu solennellement au Vatican le 20 avril. Dès le 2 du même mois» deux envoyés officieux du gouvernement russe, les conseillers Mossoloff et Bouteneflf, avaient été reçus par le Saint-Père et admis à des pourparlers pour l'arrangement des questions pendantes. Ces débuts du règne d'Alexandre III faisaient naître lespoir de jours plus heureux pour r Église catholique en Russie.

La tournure que prirent, au courant de Tannée 1882, les négociations menées à Vienne par le nonce Mgr Séraphin Vannutelli, qui avait succédé au cardinal Jacobini, augmenta les espérances des catholiques. La liberté rendue à Mgr Borowski, évêque de Zitomir, exilé à Perm depuis douze ans, fut considérée avec raison comme une marque des bonnes dispositions du gouvernement russe. On en vit une autre dans la visite que fit au Vatican le chancelier russe, M. de Giers, qui profita de son séjour à Pise pour venir rendre ses hommages au Saint- Père. Il fut reçu le 5 décembre par Léon XIII.

Quelques jours après,le 24 décembre,les négociations commencées depuis plusieurs années furent couronnées par un acte diplomatique concernant la nomination des évêques et l'exercice de leurs droits quant à l'éducation des d'ères. Ces droits furent reconnus, moyennant une inspection que le gouvernement russe se réserva sur l'enseignement profane des séminaires et sur l'enseignement de la langue et de la littérature russe. Le czar promit également de retirer graduellement les mesures qui entravaient l'exercice du culte catholique en Pologne, et consentit à l'abolition de certaines dispositions impériales particulièrement hostiles au clergé polonais.Enfin il rappela d'exil le vénérable Mgr Felinski, évêque de Varsovie, interné depuis 1863 en Sibérie. Léon XIII eut la consolation de

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