‹ Le pape Léon XIIIChapitre 165 sur 248 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

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A ces doléances le ministre Zanardelli répondait, en pleine Chambre, qu'elles s'inspiraient de motifs politiques; et que le gouvernement italien, très tolérant envers l'Église, se gardait d'imiter les luttes engagées dans d'autres pays pour la nomination des évêques.

Cette réponse ne manquait pas de saveur en présence de la démission offerte au Pape, le 20 mars 1882, par Mgr Parocchi, archevêque de Bologne, à la suite du refus opposé pendant cinq ans par le gou* vemement italien à la concession de Vexsequatur, nonobstant les de* mandes réitérées des autorités civiles de Bologne et de deux sénateurs du royaume d'Italie.

On n'avait pas oublié non plus le cas de Mgr Ruffo-Scilla, archevêque de Chieti, attrait en 1878 devant le tribunal, pour avoir pris publiquement le titre d'archevêque avant Vexseçuatur royal. II. est vrai que ce prélat ayant comparu devant les juges, en habit de chœur et suivi de son chapitre et d'un nombreux cortège de fidèles, le tribunal, éclairé ou intimidé par ce spectacle, l'avait renvoyé absous. Mais l'accusation, portée contre l'archevêque par le préfet de la province en personne, montrait quelles étaient les prétentions du gouvernement en matière de juridiction épiscopale. Elles n'allaient à rien moins qu'à renouveler la querelle historique des investitures !

S'il poursuivait les évêques, le gouvernement italien n'épargnait pas les ordres religieux et, à diverses reprises, les ministres des cultes firent des circulaires pour empêcher que les religieux supprimés ne se réunissent de nouveau dans les locaux d'où ils avaient été chassés, et dont parfois une petite partie était abandonnée à deux ou trois d'entre eux en vue du service des églises annexées. A la suite des circulaires ministérielles eurent lieu des recherches inquisitoriales, des invasions du domicile privé, des expulsions violentes, dignes des pires temps de persécution.

Mais que dire de l'état où se trouvent réduites, par le fait du gouvernement, les malheureuses religieuses chassées de leurs couvents.^ Après s'être vues spoliées de l'avoir de leur communauté,qui souvent

n'était composé que de dots versées par elles en entrant en religion, elles essayaient de reconstituer, sous Tégide du droit commun. la communauté détruite. Alors commençait pour elles une vie de privations dont le récit fait frémir. La CiviUà Caitolica recueille tous les ans des souscriptions pour ces saintes filles dispersées dans tous les coins de r Italie. Elle insère les remerciements des religieuses secourues ; et à lire les effusions de leur reconnaissance et le récit qu'elles font de leurs souffrances, il faut convenir que leur vie n'est qu'un long martyre et une lente mort causée par la faim. Le sacrifice de ces pauvres victimes est nécessaire sans doute, pour expier aux yeux de Dieu le mal qui se commet en Italie contre l'Église et contre le Vicaire de Jésus-Christ.

Divers incidents judiciaires démontraient d'ailleurs, d'une façon péremptoire, les prétentions exorbitantes du gouvernement italien à l'égard de l'Église et du Pontife. Le 28 janvier 1881, la cour de cassation trancha contre l'autorité ecclésiastique une question de la plus haute importance et qui était pendante depuis 1879. Au mois de mars de cette année, le tribunal de Rome avait déclaré le cardinal-vicaire non qualifié pour réclamer la réouverture de deux églises fermées au culte par le gouvernement. L'arrêt de la cour de cassation confirma ce jugement et, tout en reconnaissant théoriquement l'indépendance du pouvoir spirituel, il attribua à l'État le droit de disposer à son gré des édifices et objets du culte. Jurisprudence monstrueuse et qui asservit complètement l'Église à l'État !

La crainte de la voir proclamée avait décidé, dès l'année 1879, la congrégation des Rites, un des organes les plus importants de la Papauté dans le gouvernement de l'Église, à restituer, en protestant publiquement, certains documents qu'on lui réclamait sans aucun droit sous menace de poursuites judiciaires. Nouvel exemple de la façon dont l'état de choses actuel sauvegarde les intérêts du gouvernement universel de l'Église !

Un autre fait, d'une nature plus significative encore, menaça le Pape

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