CHAPITRE SEIZIÈME
puissance religieuse et les institutions qui émanent de lui. Si n'oblige pas ses adeptes h renier formellement la religion chréti» c'est pour mieux cacher ses desseins et pour répandre l'indiff tîsme religieux, en feignant d'être également bien disposée ei toutes les religions. Le naturalisme ne se borne pas à coml: l'Église. lien vient rapidement à ébranler même les vérités q raison fait naturellement connaître telles que l'existence de Di spiritualité et l'immortalité de l'âme. La maçonnerie suit la r voie. La question de l'existence de Dieu a soulevé récemmen core dans son sein de graves discussions, dont le résultat final l'admission indifférente des athées et des panthéistes dans cett ciété.
L'existence de Dieu niée, amène la négation de la créatii négation de la providence et de la vie future. De là les plus f cieuses conséquences pour les mœurs publiques et privées, renversement de tous les principes de justice. De là cette m civique, en dehors de tout principe religieux, que préconiser naturalistes et les maçons, et dont les fruits déplorables non tardé à se manifester par la dépravation des mœurs, la licence née des opinions, et l'augmentation des crimes. Il n'en sauraii autrement quand, niant la corruption originelle de la natun maine et la nécessité de la lutte contre cette nature, on affirn: contraire sa puissance, on exagère son excellence et on veut f en elle la règle de la justice. De ces faux principes découler satisfactions offertes de toutes parts aux passions, la licence presse éhontée, un théâtre corrompu, le réalisme abject des ar recherches toujours croissantes d'une vie "sensuelle. Les effe naturalisme sur la société domestique ne sont pas moins pernii il nie l'indissolubilité du mariage et en soumet le lien à l'au civile, il veut une éducation indifférente en matière religieuse, là aussi ce que les francs-maçons s'eflorcent d'introduire dan lois et les mœurs, et non .sans un déplorable succès. — Quani
principes politiques, les naturalistes proclament l'égalité absolue de
tous les hommes et rejettent toute autorité qui n'émanerait pas de
l'homme lui-même, source et origine des droits et des devoirs
^ civils. Ils veulent en outre que l'État soit athée et indifférent à toutes
les religions. Or ces choses sont aussi voulues par les francs-maçons qui cherchent à les faire prévaloir dans la société, préparant ainsi la voie au communisme.
Léon XIII démontre ensuite la malice de ces théories : elles respirent la haine satanique du démon contre le Christ, avilissent la nature humaine et la poussent à sa ruine, détruisent la famille, et en faisant abstraction de Dieu, ébranlent le fondement même de la société et de l'autorité civile, pour le malheur des États. Plût à Dieu que leurs chefs s'en fussent rendu compte ! Mais les maçons se sont insinués auprès des princes, pour s'en faire des alliés dans leur guerre contre l'Église, qu'ils accusaient d'attenter aux droits royaux, alors qu'eux-mêmes fomentent des révolutions contre les rois, quand ceux-ci leur déplaisent. Les peuples ont été victimes d'une déception semblable. Après s'être faits les champions de la liberté et de la prospérité populaire, entravée, disaient-ils, par les princes et par l'Église, les francs-maçons ont réduit le peuple à une oppression de plus en plus dure en lui enlevant les secours que réservait à ses misères la charité chrétienne.
En regard de ces fraudes et de ces crimes de la franc-maçonnerie apparaît l'Église, soutenant par son autorité divine la dignité et l'autorité du pouvoir civil, prêchant et établissant partout la paix, la concorde, la clémence, la justice et la charité. Aussi est-ce dans la puissance de la religion qu'est le grand remède aux maux causés par la franc-maçonnerie. C'est pourquoi Léon XIII renouvelle contre celle-ci toutes les condamnations de ses prédécesseurs. Il exhorte les évêques à démasquer les francs-maçons, à les montrer aux peuples tels qu'ils sont ; à vulgariser, à l'encontre du naturalisme, les principes sacrés de la philosophie chrétienne. A cette fin, il est