‹ Le pape Léon XIIIChapitre 174 sur 248 · CHAPITRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIÈME

consoler le cœur de Léon XIII. Ce dernier avait béni ce projet en accentuant le caractère « purement et exclusivement catholique du pèlerinage ». Le cardinal Moreno, archevêque de Tolède, avait pris la direction du mouvement, et, sous sa présidence, quarante comités diocésains organisaient le pèlerinage, qui promettait d*être grandiose. La chose ne pouvait plaire aux sectaires. On accusa donc les organisateurs du mouvement de préparer une manifestation carliste, sous l'inspiration des deux Nocedal et de leur journal el Siglo futuro. On chercha à exciter de la sorte les susceptibilités des catholiques de l'autre parti qui avaient adhéré au pèlerinage. En même temps le gouvernement italien prenait ombrage de la manifestation qui se préparait et dont il redoutait TefFet-Il faisait l'impossible pour enrayer le mouvement, en agissant sur le gouvernement espagnol qui n'était que trop disposé à l'écouter par crainte du carlisme. Sous la double action des divisions intérieures des catholiques, fomentées avec art par les ennemis de la Religion,et de l'opposition plus ou moins ouverte du gouvernement, le pèlerinage meilaçait de devenir une cause de troubles.

Léon XIII fit alors savoir (février 1882) à l'archevêque de Tolède, par l'intermédiaire du cardinal Jacobini, secrétaire d'État, que, tout en rendant hommage aux promoteurs de l'œuvre, il désirait qu'on substituât une organisation diocésaine et dépendante de chaque évêque particulier à celle qui avait fonctionné jusque-là. Les comités établis furent donc dissous et l'on essaya de réaliser le nouveau plan. Mais les esprits étaient trop agités pour que la chose pût réussir. C'est à peine si, en automne, deux groupes assez importants de pèlerins purent se rendre à Rome, l'un appartenant au diocèse de Tolède, l'autre à celui de Saragosse. Ainsi éclatèrent, pour ainsi dire sous les yeux du Pontife, les divisions qui le préoccupaient d'ailleurs depuis longtemps.

Dans l'espoir d'y mettre définitivement un terme, Léon XIII publia, le 8 décembre 1882, une encyclique destinée « à établir la

concorde des âmes parmi tes Espagnols >. II déplore les discordes intérieures, qui empêchent les catholiques d'Espagne de défendre la cause de la religion avec l'efficacité désirable, et vont jusqu'à susciter de l'opposition aux évêques dans l'exercice de leur ministère pastoral et doctoral, A ce propos il rappelle que si c'est une K s

erreur de séparer complètement la religion des choses civiles, c'en est une autre de confondre la cause de l'Église avec celle des partis purement politiques. « Il faut fuir, disait-il, la fausse opinion de ceux qui unissent la religion avec un parti politique, et la confondent avec lui au point de déclarer que ceux qui appartiennent à un autre parti ont à peu près renié le nom catholique. C'est là faire

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