‹ Le pape Léon XIIIChapitre 175 sur 248 · CHAPITRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIÈME

entrer à tort les factions politiques dans l'au religion, vouloir détruire la concorde fraterne à une multitude d'inconvénients funestes. > I être à l'abri des vicissitudes de la politique et ] partis est de mettre l'intérêt religieux au-dessus f Tous ceux qui aiment te nom catholique doi' d'un commun accord, vers ce but nécessaire religion dans l'État), en faisant momentanémem diverses sur les choses politiques, opinions ( permis de défendre honnêtement et légitimemer Mais l'intérêt catholique étant sauf, l'Église s< discussions politiques. Les catholiques ne do intervenir leurs opinions purement politiques d religion, ni oublier qu'il appartient aux évêq choses qui regardent le bien de l'Église, et que 1 ont droit en cela à l'obéissance des fidèles. Il im clergé se rappelle ce devoir d'obéissance, et né Sf à la défense trop ardente d'intérêts humain politiques. La soumission aux évêques parait Léon XIII qu'il ne peut s'empêcher de s'écriei l'esprit de parti qui anime chez vous une foui Nous bornons pas à exhorter tous les Espagnol jusqu'à les supplier de se souvenir de ce devoii

Ainsi le Pontife suivait à l'égard de ses enfant seilque donne l'apôtre au ministre de Dieu : t portune, argue, obsecra, increpainomni patientù

Mais le caractère de feu des Espagnols se li traîner à des exagérations de langage qui vienr mettre leurs résolutions d'obéissance et d'ab bientôt en avoir un remarquable exemple, su soumission aussi généreuse que l'écart avait été

I fiapttrE Dfjr^fîÉptiÈmE.

(1885.) a du cardiDBl Jacoblnl au nonce de Madrid sur l'autorité des iCM. — SounilBslon de M. Nocedal et du Siglo future. — Le ca^al Pltra et la politique de Lëon XIII ; lettre du Pape au cardl- Gulbert. — L'encyclique lUMORTALB DeI Sur la Constitution ^tienne des États. — Médiation de Lëon XIII entre rAllcmague 'Espag-ne à propos des Iles Carollnes. — Lettre de Lëon XIII au ace de Bismarck.. — Appréciations contradictoires de MM. de iwltz et GeScken sur la nsddlation d« Léon XIII. — Lettres Pape aux. empereurs de la Chine et du Japon. — S. Vincent de il proclamé patron des soctëtëa de charité. — Léon XIII et les

études littéraires ; fondation d'un Institut de haute littérature au

séminaire Romain.

tf' ANNÉE 1885 apporta à Léon XIII des soucis ■ particulièrement pénibles. Nous voulons parler de : certaines dissensions qui se manifestèrent parmi les : catholiques, de certaines défiances même qui se fi- ; rent jour au sujet de la direction imprimée par le Pontife aux choses concernant les intérêts de l'Église.

Le premier de ces incidents eut pour théâtre l'Espagne, où, nous venons de le voir, un grand trouble régnait dans les esprits. Un journaliste catholique des plus dévoués et des plus ardents, M. Ramon Nocedal, et son journal, le Siglo Futuro, furent mis en cause à propos de certaines opinions où les avait entraînés un zèle mal entendu. Ces opinions tendaient à attribuer aux évêques une autorité supérieure à celle des nonces apostoliques en ce qui concerne les rapports essentiels de l'Église et de l'État, et à insinuer que la mission des nonces étant purement extérieure, diplomatique et entravée par des considérations humaines, les év'êques n'avaient pas à tenir compte de la manière d'agir, des avis ou des instructions des envoyés du Saint-Siège. En vertu de ces principes, l'écrivain du Siglo Futuro se croyait en droit de proclamer détestables les relations entre le gouvernement espagnol et l'Église, alors que le

nonce les avait déclarées bienveillantes et cordiales, ceti assertion pouvant être vszit. diplomatiquement quoique fausse. Il terminait en exprimant l'intention d'insister si trines jusqu'à ce qu'elles aient passé à l'état d'axiome, af catholiques et les évêques ne se laissent pas imposer ur lence par un respect excessif envers certaines autorités ! apostolique et par conséquent le Saint-Siège étaient vis langage. On s'en émut à Rome et l'on fit étudier les doc ses dans le Siglo Futuro par des théologiens qualifiés. Ce la suite de cette étude approfondie que le cardinal Jacobin note adressée à Mgr Rampolla, nonce à Madrid, le 13 \ releva au nom du Saint- Père ces allégations dangereuses, combien elles se rapprochaient des doctrines de Fébroni Le Pape en effet est le pasteur universel de l'Églii -aussi bien des évêques que des fidèles. Il a en cons droit d'intervenir dans toutes les affaires des diocèses, e ques lui doivent alors obéissance. Les nonces sont les org rels du Saint-Siège et ses délégués, dans la forme et la le Pape juge à propos de leur confier son autorité. Lei « n'est pas purement diplomatique mais autoritaire pour et les matières religieuses >. Le nonce « n'est soumis ni î ni aux évêques de la nation où il réside. Par conséquent ni les autres n'ont le droit de déterminer ses attribution: coup moins encore d'émettre un jugement sur la légal actes, qui doivent au contraire être respectés par les fidi évêques > sauf le droit de recourir au Saint-Siège en ( « Les actes du nonce que le Saint-Siège n'a ni ignorés, ni peuvent avec raison être considérés comme appartenant Siège lui-même. » Quant aux relations de l'Église et comme elles intéressent le catholicisme entier, elles particulièrement de la compétence du chef suprême de par conséquent des nonces, ses délégués. Il est donc inex

ue l'autorité des évêques soït supérieure en ce point à celle des onces : c'est le contraire qui est' vrai. Tels sont les principes qu'exose la lettre du cardinal Jacobini.

M. Nocedal et le Siglo Future se soumirent de la façon la plus ntière et la plus louable à la désapprobation qui les atteignait. Le once les en félicita en disant € qu'une loyale manifestation de révésnce envers le Saint-Siège, loin d'humilier, exalte au contraire ses uteurs>,et le rédacteur du Siglo Future répondit que ce journal

saisit avec plaisir cette occasion pour manifester encore une fois, t avec une décision et un enthousiasme plus grand, son profond ttachement et son adhésion absolue à l'autorité suprême du Viaire de Jésus-Christ >.

Un second incident, lié en quelque manière à celui que nous velons de rapporter, mais d'une nature plus délicate encore, se proluisit bientôt après. Dans une lettre adressée à l'abbé Brouwers, oumaliste catholique hollandais, le cardinal Fitra déplorait les lifificultés et les peines qu'avaient à subir les publicistes catholiques lansleur pénible tâche ; il rappelait notaniment l'incident Nocedal, t parlant en termes peu favorables de tel et tel écrivain demeurés hers à bien des catholiques, il exprimait l'opinion que les espérances onçues pour la religion aux débuts du règne de Pie IX allaient de >lus en plus en se dissipant. Cet écrit souleva de fortes récriminaions et des interprétations fâcheuses. Il parut à plusieurs contenir m blâme indirect de la manière d'agir de Léon XIII dans le gou- 'ernement de l'Église. Le cardinal Guibert, archevêque de Paris, 'étant plaint dans une lettre au Salnt-Pèredes divisions qui régnaient intre les catholiques de France, Léon XIII lui répondit par un locument, daté du 1 7 juin 1 885, où sont clairement exposés les de- 'olrs des fidèles en ce qui concerne leur soumission au Pape et aux Wêques. Le Souverain Pontife commence par exprimer la peine [ue lui ont causée la lettre du cardinal PItra et les commentaires

Page 1