LE PAPE
douleur de la peine qu'avait éprou cident rapporté plus haut. «Je dé| déplore, je désire ce qu'Elle dé:
damne. > C'est ainsi qu'un incident, pénible en lui-même, fut l'occasion d'un resserrement de plus en plus grand des liens qui rattachent la hiérarchie catholique à son chef suprême.
Le 19 novembre 1885 parut la très importante encyclique Immortale Dei sur la constitution des États, véritable code de politique chrétienne que devraient méditer tous les hommes d'Etat,
Dès le début, Léon XIII expose son but : réfuter la calomnie ancienne mais sans cesse renouvelée, qui représente l'Église comme l'ennemie de l'État, et comparer les nouvelles théories sur l' État avec la doctrine chrétienne, afin de montrer combien celle-ci l'emporte, et pour que chacun sache ce qu'il doit observer dans une affaire aussi capitale.
Le Pape établit alors les principes. Il est dans la nature de l'homme de vivre dans la société civile, qui seule peut lui garantir les choses nécessaires à la vie et au développement de l'intelligence. Mais aucune société ne peut exister sans une autorité qui l'unisse et la régisse. L'existence d'une autorité est donc voulue par la nature, c'est-à-dire par Dieu son auteur. Toute autorité vient donc de Dieu. « Le droit de commander n'est par lui-même lié nécessairement à aucune forme de gouvernement. Mais dans toute forme de gouvernement, les gouvernants doivent avoir égard à Dieu, Maître suprême du monde, et se le proposer dans leur administration comme l'exemple et la loi à suivre. > Le gouvernement doit donc être juste et tendre à l'utilité des citoyens, sous peine d'être condamné par le jugement de Dieu. En vertu de ces principes, le pouvoir s'attirera l'obéissance honorable et volontaire des citoyens, qui se sentiront obligés à respecter une autorité venant de Dieu, s'ils ne veulent pas résister à la volonté de Dieu lui-même. C'est pour-