CHAPITRE DIX-SttPTiÈME
chrétienne de la société pour les princes et pour les peuples, p la société civile et pour la famille, aussi bien que pour les indivic Aux princes elle assure une autorité qui a quelque chose de div aux peuples une obéissance digne. Elle fait régner la concorde, assure un bon gouvernement aux nations, et elle facilite aux ind dus l'acquisition du salut éternel aussi bien que de la prospé temporelle. La famille acquiert la stabilité ; les devoirs des épc la dignité de la femme, l'autorité du mari, le bien des enfant! trouvent merveilleusement sauvegardés.
L'encyclique prouve, par l'histoire des sociétés chrétiennes, la vé de ces assertions. Puis elle met en regard de la doctrine de l'Ég sur la constitution de la société les doctrines du droit nouveau, établissent' l'égalité absolue des hommes entre eux, de façon à proclamer tous exempts de toute autorité, libres de penser et d'; à leur guise. D'où il suit que l'autorité ne consiste que dans la lonté du peuple, qui se commande à lui-même, sans conférer de d proprement dit à ceux qui exercent l'autorité, et sans égard à I toritéde Dieu, envers laquelle ni les hommes, ni les sociétés n' plus aucun devoir. Les fruits de ces théories sont déplorables f l'Église, dont les lois sont méconnues, qu'on écarte de l'éducai de la jeunesse, et à laquelle on enlève ses droits de société parf pour la réduire au rang des simples communautés qui sont à rÉtat.Les gouvernants statuent à leur gré sur les questions mix ils jugent des mariages chrétiens ; ils refusent à l'Eglise le droit propriété. Là ou les droits de l'Église sont reconnus par les civiles, on proclame qu'il faut séparer l'Église de l'État, pour arr en réalité à bannir tout à fait la première ou à la soumettre er rement au pouvoir civil.
Léon XIII démontre alors combien les théories du droit i veau sont peu d'accord avec la raison. Une autorité qui ne dé pas de Dieu ne saurait sauvegarder d'une manière stable la ] publique. Elle ouvre la porte à de continuelles révolutions. L'in
férence à Tégard de toutes les religions n'est qu'un athéisme déguisé et, de plus, une manifeste absurdité, car toutes les religions, qui se contredisent entre elles, ne peuvent posséder ensemble la vérité, ni être toutes également bonnes. La liberté de tout penser et de tout dire est la source de bien des maux. « La liberté doit s'exercer dans ce qui est vrai et bon. Il n'est pas juste de permettre de publier ce qui est contraire à la vérité, à la vertu : il l'est beaucoup moins encore de favoriser et de protéger ces choses par des lois. » Restreindre la liberté de l'Église et l'écarter de la législation, de l'éducation, de la famille, c'est une grave et pernicieuse erreur, et les conséquences désastreuses qui en résultent pour la moralité des peuples ne sont que trop évidentes. Soumettre l'Église à la société civile, c'est une témérité qui trouble profondément Ytfrdre voulu par Dieu, empêche le bien que l'Église pourrait faire dans le monde et prépare la voie aux dissensions les plus pernicieuses pour l'État lui-même.
Après avoir rappelé les condamnations de l'Église, surtout celles de Grégoire XVI, et de Pie IX dans son Syllabus, contre les théories du droit nouveau, le Pontife établit que ces condamnations n'atteignent en elles-mêmes aucune des formes diverses de gouvernement, ni la participation plus ou moins grande du peuple à la direction des affaires, participation qui peut être parfois utile et parfois même obligatoire. On ne peut non plus en déduire que l'Église est opposée à une juste liberté, ni qu'elle condamne la tolérance des fausses religions, quand celle-ci est légitimée par la nécessité d'obtenir un grand bien ou d'éviter un grand mal. Elle approuve aussi une liberté qui favorise la prospérité des citoyens, et défend l'État contre des violences arbitraires. C'est elle qui a fait naître ou encouragé les précautions prises contre la tyrannie des princes, les libertés municipales et familiales,les dispositions qui garantissent l'honneur, la personne et l'égalité des droits des citoyens. Elle applaudit à tous les progrès, et loin d'être ennemie des inven-