‹ Le pape Léon XIIIChapitre 186 sur 248 · CHAPITRE DIX-HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HUITIÈME

Dinder^de Kœnîgsberg, fut nommé archevêque de Gnesen et Posen. En consentant à la nomination de ce prélat de race allemande, Léon XIII avait fait une concession au gouvernement prussien, qui ne dissimulait pas son hostilité à l'égard de l'élément polonais. Au reste les qualités de Mgr Dinder et sa connaissance de la langue polonaise étaient de nature à faire espérer qu'il se concilierait bientôt l'afTection de ses diocésains.

L'incident des Carolines n'avait pas été étranger au rapprochement entre Ronie et Berlin. II n'est pas douteux, en effet, qu'en cette circonstance, le prince de Bismarck n'ait cherché à gagner Tesprit du Saint- Père, pour l'amener à agir sur le clergé allemand dans le sens de sa politique. Mais la lettre de Léon XIII au chancelier montra que le Pape se tenait invinciblement sur le terrain choisi par lui : celui de la liberté ecclésiastique.

Il posait au prince la condition indispensable de l'action de l'Église pour le maintien de l'ordre politique et social : il fallait avant tout que les chaînes forgées pour elle par l'État, par Bismarck luimême, fussent brisées. Or l'État, en proposant les lois qui lui donnaient la faculté d'accorder des dispenses^ avait à la vérité reculé, -^ et encore le moins possible — devant les conséquences de son œuvre, mais il n'avait nuUenient. lâché prise; les lois dç mai subsistaient dans toute leur force ; l'Église catholique en Prusse était toujours à la merci de l'État. Cependant les attestations de mutuelle estime échangées à l'occasion de l'incident des Carolines.disposaîent favorablement le prince de Bismarck à l'endroit des propositions pontificales.

Voulant profiter de la détente qui se produisait à Berlin,Léon XIII adressa, le 6 janvier 1886, une lettre à l'épiscopat prussien. Il y exposait de nouveau les bases sur lesquelles pourrait s'établir un accord, à savoir l'abrogation des dispositions législatives opposées au libre exercice du saint ministère, et en particulier de celles qui entravent la liberté des évêques dans le gouvernement de leurs

[lises et dans l'éducation du jeune clergé. Citons le bel éloge fait Lr le Pontife de la constance des pasteurs et des 6dèles dans la i. <: Cette vertu, dit LéonXIIl.estd'autantplus digne de louange, l'en s'appliquant énergiquement à défendre la cause de l'Église, t ne se sont écartés ni de la Bdélité due à la majesté du pnnce, ni ; l'amour dû à la patrie; et ils ont montré par le fait à leurs détracurs qu'ils n'étalent pas mus par des raisons d'ordre civil, mais liquement par le devoir qui ordonne de respecter inviolablement euvre de Dieu. > La lettre pontificale insistait fortement sur les tentions conciliantes du Saint-Père; < Nous n'avons pas négligé î déclarer aux gouvernants, que Notre intention est de Nous ontrer favorable à leurs exigences dans la mesure compatible avec s lois divines et le devoir de la conscience. > Mais le Pape restera lébranlable sur tous les points essentiels : < Car bien que Nous >yons animés d'un sincère désir de paix, il ne Nous est pas licite 3 rien entreprendre contre les choses établies par Dieu ; pour squelles, si la nécessité de leur défense l'exigeait, Nous n'hésiteons pas, à l'exemple de Nos prédécesseurs, à souffrir les dernières ctrémités. > L'attitude du Saint-Siège était donc encore une fois ^limitée aussi clairement que possible. Il ne restait plus au gouîmement prussien qu'à modifier la sienne dans le même sens, s'il îsirait sérieusement la paix.

Guillaume U^ excédé de la lutte, fit un pas décisif dans la voie s la conciliation en appelant à faire partie de la Chambre des Seileurs, Mgr Kopp, évêque de Fulda, aujourd'hui archevêque de reslau et cardinal. Le gouvernement prit en même temps l'initiaire d'un nouveau projet de loi, dans lequel il abandonnait entin

terrain des pouvoirs discrétionnaires, si obstinément défendu jus* le-là.

La loi projetée supprimait déBnitivement l'exameti d'État pour 3 candidats ecclésiastiques, autorisait la réouverture de tous les :ablissements destinés à l'éducation du clergé, et ne les soumettait

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