CHAPITRE DIX- NEUVIÈME
j'affirme que la Papauté n'est pas seulement une insti gère et universelle, mais aussi une institution allemar concitoyens catholiques. Je nuirais au bien de mon pa nité nationale, je rejetais le secours d'un Seigneur ai cieux et aussi puissant que le Pape, pour la raison qi Rome. >
Certains politiciens se disant catholiques pourraient fit de ces réflexions en d'autres pays que la Prusse !
Le chancelier mît ses amis en demeure de voter la çant d'abandonner la présidence du conseil des minis refusaient. « Mon honneur politique est désormais ( Nous pouvons être exposés à de graves dangers d; extérieures et intérieures contre les différents partis r res ; j'éprouve donc le besoin d'en finir avec toutes le internes avant que ces dangers ne se produisent. :*
La révision des lois de mai, votée de la sorte s< pression du Vatican et du chancelier germanique, i sans doute pas tous les desiderata des catholiques, cependant à l'Église de reprendre, dans des conditic relative, sa vie normale et son action salutaire sur 1 minimum de pacification religieuse, susceptible il est vi velle extension ultérieure, n'en constitue pas moins i ces pour le Pontife qui, pendant de longues années.y ce les ressources de son esprit, toute la patience et tout* rance de son âme. Ce qu'il y eut dans ces longues né plus pénible pour Léon XIII, ce fut te trouble qu'il parfois parmi les catholiques. Mais ces froissemer jamais que superficiels, et il est juste de reconnaitn sultats obtenus sont l'œuvre commune du Pontife et députés du Centre.
La réalité de cette coopération n'a pas échappé à qui fait en même temps ressortir la fermeté déployée
438 I.E FAPE LâON XIII.
et par les catholiques et l'insuccès complet de M. de Bismarck dans sa lutte contre l'Église. € Le grand chancelier, dit-il, n'a jamais « compris la nature de la lutte dans laquelle il s'était étourdiment i engagé. Rome et le Centre acceptèrent chaque concession, comme € un simple à-compte et ne cédèrent rien. Finalement le chancelier, € qui, encore en 1880, dans une dépêche du prince de Reuss, ambas- « sadeur à Vienne, avait déclaré que la demande d'une révision des € lois de mai était < une insigne folie qu'il n'avait jamais encoura- € gée par aucune parole >, dut prier la Chambre des seigneurs de
< l'aider à déblayer les dernières encombres des lois de mai >. « Voilà où en était arrivé l'Homme de Fer, qui avait déclaré qu'il « n'irait pas à Canossa. Cette rodomontade taillée dans le marbre
< d'un monument qu'on lui éleva à son occasion, semble aujourd'hui « de la plus amère ironie.
€ Les faits ont prouvé que sa distinction, entre les Papes militants € et les Papes conciliants, est assez illusoire. C'est simplement une « différence de tactique, qui rappelle l'histoire du voyageur que la
< tempête ne put contraindre à abandonner son manteau, tandis i que le soleil y réussit par ses rayons.
« Les anathèmes de Pie IX contre l'Attila moderne n'ont fait « qu'exciter celui-ci. La suavité de Léon XI II, aussi accommodante «: pour les questions de forme que tenace pour celles de fond, sa « fermeté et sa patience ont triomphé de ce redoutable adversaire. « Aussi le prince de Bismarck, qui sait admirablement pratiquer le « si/ecisit, nega, a plus tard prétendu, pour cacher sa défaite, que.luî, « n'aurait jamais voulu qu'un règlement équitable des relations ^. entre l'Église et l'État, mais que « d'autres mains > avaient per- « verti son grand plan. Il est dommage que l'on ne nous ait pas « dit quelles étaient ces i. autres mains > mystérieuses, comme si « le chancelier avait jamais été homme à se laisser dominer par qui « que ce fût ! >
gflpfttB Vingtièmt
(1886-1887.) ligue aux Évoques d'Autriche. — Concordat avec le Pi — Suppression du Journal de Rome. — Conversion d'un ex ~ Saint Jean de Dieu et saint Camille de Lelïis déclarés des hApltauz. ^ La France s'opposa à l'établissement d'u clature en Chine. — Rétablissement des privilèges de lai gnie de Jésus. — Recrudescence d'anticléricalisme en I Allocution conslstoriale du 23 mal 1887. — Vains proje commodément entre le Saint-Siège et l'Italle-Une. — L Léon XIII au Cardinal Rampolla, nouveau secrétaire (15 juin 1887). — Le Rosaire à Rome. — La nouvelle al Saint-Jean de Latran ; la galerie des Candélabres et des ( BU Vatican.
i'I la situation de l'Allemagne sous le rappo gieux avait été un des grands soucis de Léon \ celle de l'Autriche-Hongrie ne laissait pas I préoccuper vivement. Tout catholique qu'il ! e pays était aux ordres de la franc-maçon nerii qui dominait surtout en Hongrie.
Le Pape prit occasion des fêtes du deuxième centen; siège de Bude, pour adresser, le 22 août 1886, aux évêques d grie, une encyclique dans laquelle, après avoir rappelé U particuliers qui rattachent ce pays au Saînt-Siège, il expri désir de voir réformer les lois hostiles à l'Église, condam nouveau les erreurs courantes sur le mariage civil et sur les m mixtes, répétait les condamnations anciennes portées con écoles mixtes ou neutres, insistait sur le pressant devoir des j de procurer une éducation chrétienne à leurs enfants, et fina appelait l'attention des évêques sur la haute importance d( cation du jeune clergé et sur la nécessité de veiller au main la régularité dans le clergé en général. Léon XIII n'omett non plus d'exposer une fois encore, quels avantages la civile peut attendre de l'Église, si elle la laisse libre et la p
L'année i886 vil enfin ta conclusion d'un concordat avec le Portugal, événement des plus heureux pour la religion et qui, vu la nature délicate des questions engagées, fut un nouveau succès de la sage politique de Léon XIII. Il s'agissait surtout de régler la situation religieuse des Indes. En vertu d'un ancien privilège, les rois de Portugal avaient le droit de patronat ou de nomination sur toutes les églises des Indes. De plus l'archevêque deGoa exerçait une autorité spirituelle sur ces mêmes églises. Cet état de choses ne correspondait plus à la situation réelle des Indes, soustraites en grande partie à la domination politique du Portugal, et évangélisées par des congrégations religieuses Qu par des missionnaires qui ne relevaient pas de l'archevêque de Goa. Grâce aux habiles négociations de la diplomatie pontificale, grâce surtout à une lettre personnelle de Léon XIII au roi de Portugal, ce dernier consentît à voir son droit de patronat restreint aux seules possessions portugaises, et
~ ~« la juridiction archiépiscopale de
l'archevêque de Goa, limitée à ces mêmes possessions, tandis que le titre honorifique de Patriarche des Indes et le droit de présider les conciles nationaux de ce vaste pays, lui étaient conférés. Gel heureux accord permit à Léon XHI de rétablir dans les Indes la hiérarchie catholique, en y créant des archevêchés et des évêchés au lieu de vicariats apostoliques, mesure qui fait concevoir d'heureuses espérances pour l'avenir religieux d'un pays où, selon le témoignage de Léon XI II lui-même, le catholicisme se développe